Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
15ème partie
Ce jeudi 28 juillet est notre dernier jour au CFPJ. Nous faisons un peu de montage sur Audacity. Notre formateur, Abdelali Ragad nous fait savoir que la radio n’est plus comme avant et qu’avec les effets sonores, le mixage des gens qui parlent le son des ambiances, le journaliste parle peu, juste pour annoncer le sujet et laisser le reportage faire le reste.
Puis il nous fera un récapitulatif des cours qu’il nous a dispensé en insistant sur les mouvements de la caméra qui commencent d’un point fixe et s’arrêtent dans un point fixe avec la netteté de l’image. Il nous demandera de toujours préparer les plans et les mots de notre reportage, de bien chercher les ambiances…
Abdelali n’en finira pas de prodiguer des conseils pour nous dire que ce qui est important dans le journalisme web c’est le partage (Tweeter, facebook…), d’avoir beaucoup de profils, de définir ce qu’on veut, de ne pas mélanger le professionnel avec le personnel et de faire très attention aux réseaux sociaux.
Le cours de ce jeudi était très affectif, comme si le rideau tombait tristement. L’arrivée de Dominique Dislaire, la responsable pédagogique qui nous ramenait des fiches d’évaluation de la formation, ne facilitera pas les choses, elle-même avouant que c’était pour la première fois pour Abdelali de travailler avec eux, mais certainement pas la dernière.
Personnellement, je n’avais pas envie de rigoler dans cette ambiance d’enterrement même si je savais que Ben m’avait à l’œil depuis l’entrée de Dominique, car j’avais réservé quelques jetons de café pour elle. Je le priverai alors de m’en vouloir pour Dominique aux côtés de laquelle il exigera d’être pris en photo après que je me sois, par deux fois, photographié avec elle avant le retrait de Abdelali.
Entre nous, j’oublierai dans ma poche ces quatre fausses pièces de monnaie jusqu’à Nouakchott où, à chaque fois que mon enfant de deux ans et demi me réclame quelque chose, je lui en donne une et le renvoie chez sa mère ou sa nurse pour l’amener à la boutique du coin.
Lorsque nous terminâmes de remplir les fiches d’évaluation, nous donnâmes tour à tour à Dominique notre avis sur la formation. Incontestablement, nous aurons avoué avoir été enrichis de connaissances, que nous ne maîtrisions pas, que nous ne connaissions pas auparavant, mais que nous avons ressenti une surcharge du programme nos premières semaines avec un emploi du temps que nous ignorons jusqu’à la dernière minute et une inadéquation de certains équipements mis à notre disposition (caméras, trépieds).
La maîtrise des modules à enseigner, la compétence, la méthodologie pédagogique, l’accompagnement individuel et le sérieux de nos différents formateurs ainsi que le climat bon enfant qui régnait dans notre groupe, nous auront permis de nous surpasser pour acquérir autant de connaissances sur les outils multimédias en un temps record. Dominique prenait notes, acquiesçait par moments et avouait que le CFPJ avait prévu d’aller de l’avant dans l’acquisition d’équipements plus appropriés.
La remise des attestations de formation suivra alors et comme on commencera par les femmes, j’attendrai que Ben et Dou reçoivent les leurs pour m’avancer vers Dominique en disant : «En plus de mon attestation, je réclame une bise.» Ben qui ne s’y attendait pas sursaute en criant : «Ah, non, jamais ça !»
Tout le monde éclate de rire et je me suffirai alors de serrer la main à Dominique dans une ultime séance de photo de remise d’attestation filmée par Nabila puisque Ben avait refusé que ma photo avec Dominique soit prise avec son appareil.
(A suivre …)
Blog de réflexions sur la politique en Mauritanie par Mohamed Ould Khattatt, journaliste.
mardi 9 août 2011
MA CHRONIQUE PARISIENNE (14ème Partie)
Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
14ème partie
A la résidence Egide du boulevard Montparnasse, c’est pratiquement le départ des groupes de stagiaires du CFPJ qui est dans tous les esprits. Même l’ascenseur en a pris un coup avec des affiches qui somment les résidents de tout laisser bien propre dans leur studio avant leur départ.
Benoit, notre sympathique premier accueillant se préparait lui aussi à partir en vacances, deux à trois jours avant nous. Il aura la gentillesse de monter dans mon studio m’en prévenir. Et comme je ne pus m’empêcher de descendre avec lui à la réception tout en le remerciant pour tout ce qu’il avait fait pour nous, je tomberai comme par hasard, sur une femme élancée et bien servie dans ses formes par la nature.
Elle riait à gorge déployée de mon compatriote Dou sans doute parce qu’il assurait l’intérim de Benoit pendant qu’il était chez moi. En vérité Dou avait pris l’habitude de venir «facebooker» (il faut créer ce verbe, ne serait-ce que pour Dou, tellement il y est accolé) sur l’ordi de Benoit, le sien étant tombé en panne depuis notre première semaine à Paris.
Benoit nous la présente: elle se prénomme Laurence et c’est elle qui le remplacera dès samedi prochain. Une femme qui déborde de vie comme je les aime et que je découvre sur le tard. Pas question de laisser passer l’occasion de la charmer. J’arme et tire: «Bien venue chez les «Ch’tis» ! De toutes les façons, une «Ch’ti» de plus qui s’amène alors qu’on met dehors samedi, manquait plus que cela !». Elle éclate de rire et frappe des deux mains en se recroquevillant sur elle-même. Alors j’en rajoute: «La Résidence nous réserve le meilleur pour après notre départ, qu’est-ce qu’on est bienveillant ici. Benoit, c’est décidé, moi, je reste, comme à Question pour un champion !»
Nous passerons un agréable moment à nous marrer, la belle Laurence se laissant aller à un fou-rire tel que je dus abandonner la partie pour que Benoit puisse s’entretenir avec elle avant son départ. Nous échangeons les coordonnées et elle promet de rester sur mon blog pour savoir ce que j’écrirai sur elle.
Kissima auquel je ferai un compte rendu fidèle de ma découverte s’en mordra le doigt d’avoir manqué au spectacle.
Je descends sur le boulevard Montparnasse pour acheter une carte de recharge SRF chez un tabac. Je tombe sur une caissière quinquagénaire qui veut coûte que coûte garder un brin d’une jeunesse qui reviendra plus. Elle semble avoir été belle fille en son temps et comme mes cheveux poivre et sel affichent une plus nette blancheur côté tempes, la mamie me lance joviale lorsque nos regards se croisent: «par ici monsieur, à votre service monsieur». Je tends un billet de 10 euros et je dis:
- «SFR».
- «10 euros ?» m’interroge-t-elle.
- «Je peux avoir moins ?», ajoutai-je
- «c’est comme voulez-vous, monsieur»
- «5 euros, alors», affirmai-je en souriant de toutes mes dents.
- «Ce sera fait, monsieur, c’est vous qui décidez. Je suis là pour vous servir», poursuit-elle, comme si la discussion ne devait pas s’arrêter.
- «Voilà, monsieur, bonne journée … à bientôt», se résigna-t-elle à conclure.
Je sortis de la boutique en glissant ma monnaie et la facture contenant le code secret du crédit à recharger dans ma poche pour en sortir un paquet de cigarette. Dans ma tête je songeais à faire un peu de linge une fois de retour en me demandant où peut bien être le fer à repasser. Car à la résidence, certaines de nos collègues négligent de le remettre à la réception et vont en ville. J’arrive enfin à me convaincre qu’avec ou sans le fer à repasser, je dois laver mes habits et je m’empresse de le faire.
Une fois la machine à laver déclenchée, je me donne le temps de recharger mon téléphone mobile pour appeler ma famille. Dès que je déroule la facture pour composer le code secret, je tombe des nus : la vieillotte m’a vendu du crédit «Orange» au lieu de «SFR» !
Fou de rage, j’avale le boulevard du Montparnasse et entre dans le tabac. Elle n’est plus et c’est une asiatique aux yeux à peine ouverts qui me demande ce que je veux.
- «Où la caissière âgée qui était là», demandai-je
- «Elle est partie, caisse fermée», m’assure-t-elle
- «Elle m’a vendu Orange au lieu de SFR», dis-je
- «Elle revient demain mais on ne rembourse pas. Vous pouvez laisser si quelqu’un vient acheter, nous vendons pour vous. Demain soir 17h vous repasser voir si c’est OK ?»
Je bats les pattes. Un dialogue de sourd que je ne pouvais supporter, la machine à laver me revenant à l’esprit. Il est des jours où tout vous sourit et des jours où c’est vraiment gris. Je venais d’en vivre deux en un avec Laurence et la vieillotte.
(A suivre …)
14ème partie
A la résidence Egide du boulevard Montparnasse, c’est pratiquement le départ des groupes de stagiaires du CFPJ qui est dans tous les esprits. Même l’ascenseur en a pris un coup avec des affiches qui somment les résidents de tout laisser bien propre dans leur studio avant leur départ.
Benoit, notre sympathique premier accueillant se préparait lui aussi à partir en vacances, deux à trois jours avant nous. Il aura la gentillesse de monter dans mon studio m’en prévenir. Et comme je ne pus m’empêcher de descendre avec lui à la réception tout en le remerciant pour tout ce qu’il avait fait pour nous, je tomberai comme par hasard, sur une femme élancée et bien servie dans ses formes par la nature.
Elle riait à gorge déployée de mon compatriote Dou sans doute parce qu’il assurait l’intérim de Benoit pendant qu’il était chez moi. En vérité Dou avait pris l’habitude de venir «facebooker» (il faut créer ce verbe, ne serait-ce que pour Dou, tellement il y est accolé) sur l’ordi de Benoit, le sien étant tombé en panne depuis notre première semaine à Paris.
Benoit nous la présente: elle se prénomme Laurence et c’est elle qui le remplacera dès samedi prochain. Une femme qui déborde de vie comme je les aime et que je découvre sur le tard. Pas question de laisser passer l’occasion de la charmer. J’arme et tire: «Bien venue chez les «Ch’tis» ! De toutes les façons, une «Ch’ti» de plus qui s’amène alors qu’on met dehors samedi, manquait plus que cela !». Elle éclate de rire et frappe des deux mains en se recroquevillant sur elle-même. Alors j’en rajoute: «La Résidence nous réserve le meilleur pour après notre départ, qu’est-ce qu’on est bienveillant ici. Benoit, c’est décidé, moi, je reste, comme à Question pour un champion !»
Nous passerons un agréable moment à nous marrer, la belle Laurence se laissant aller à un fou-rire tel que je dus abandonner la partie pour que Benoit puisse s’entretenir avec elle avant son départ. Nous échangeons les coordonnées et elle promet de rester sur mon blog pour savoir ce que j’écrirai sur elle.
Kissima auquel je ferai un compte rendu fidèle de ma découverte s’en mordra le doigt d’avoir manqué au spectacle.
Je descends sur le boulevard Montparnasse pour acheter une carte de recharge SRF chez un tabac. Je tombe sur une caissière quinquagénaire qui veut coûte que coûte garder un brin d’une jeunesse qui reviendra plus. Elle semble avoir été belle fille en son temps et comme mes cheveux poivre et sel affichent une plus nette blancheur côté tempes, la mamie me lance joviale lorsque nos regards se croisent: «par ici monsieur, à votre service monsieur». Je tends un billet de 10 euros et je dis:
- «SFR».
- «10 euros ?» m’interroge-t-elle.
- «Je peux avoir moins ?», ajoutai-je
- «c’est comme voulez-vous, monsieur»
- «5 euros, alors», affirmai-je en souriant de toutes mes dents.
- «Ce sera fait, monsieur, c’est vous qui décidez. Je suis là pour vous servir», poursuit-elle, comme si la discussion ne devait pas s’arrêter.
- «Voilà, monsieur, bonne journée … à bientôt», se résigna-t-elle à conclure.
Je sortis de la boutique en glissant ma monnaie et la facture contenant le code secret du crédit à recharger dans ma poche pour en sortir un paquet de cigarette. Dans ma tête je songeais à faire un peu de linge une fois de retour en me demandant où peut bien être le fer à repasser. Car à la résidence, certaines de nos collègues négligent de le remettre à la réception et vont en ville. J’arrive enfin à me convaincre qu’avec ou sans le fer à repasser, je dois laver mes habits et je m’empresse de le faire.
Une fois la machine à laver déclenchée, je me donne le temps de recharger mon téléphone mobile pour appeler ma famille. Dès que je déroule la facture pour composer le code secret, je tombe des nus : la vieillotte m’a vendu du crédit «Orange» au lieu de «SFR» !
Fou de rage, j’avale le boulevard du Montparnasse et entre dans le tabac. Elle n’est plus et c’est une asiatique aux yeux à peine ouverts qui me demande ce que je veux.
- «Où la caissière âgée qui était là», demandai-je
- «Elle est partie, caisse fermée», m’assure-t-elle
- «Elle m’a vendu Orange au lieu de SFR», dis-je
- «Elle revient demain mais on ne rembourse pas. Vous pouvez laisser si quelqu’un vient acheter, nous vendons pour vous. Demain soir 17h vous repasser voir si c’est OK ?»
Je bats les pattes. Un dialogue de sourd que je ne pouvais supporter, la machine à laver me revenant à l’esprit. Il est des jours où tout vous sourit et des jours où c’est vraiment gris. Je venais d’en vivre deux en un avec Laurence et la vieillotte.
(A suivre …)
lundi 8 août 2011
MA CHRONIQUE PARISIENNE (13ème Partie)
Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
13ème partie
Au «nouvelobs.com», 10-12, place de la Bourse, nous sommes accueillis par le rédacteur en chef, qui nous fait un rapide tour d’horizon du journal en ligne. Il nous informera que le site a été lancé en 1999 avec la particularité d’être le site d’un hebdo mais n’en reproduit pas forcément les articles. Que la base du travail reste, outre le scoop et les infos exclusives, les fils des agences AFP et Reuters et qu’ils bossent 7j/7 de 05H du matin à 23H avec un système d’alerte.
Depuis un an, les journalistes du site et ceux du journal (130 au total) sont mélangés, dira-t-il, dont 30 sont dédiés au web avec leur spécialisation qui pour le Live (4 ou 5), qui pour les papiers d’éclairage, les scoops, qui pour la vidéo (2), etc. Enfin, il nous indiquera que le nouvelobs.com est quand même dans le carré des sites d’info français les plus en vue avec ses 5 millions de visiteurs uniques (soit 400.000 visiteurs par jour, environ 3 pages par lecteur).
Le hic est que le site perd de l’argent. Après cet entretien, nous passons dire bonjour aux collègues et voir comment cela marche. Mais très vite, je pose pied chez Céline Lussato et Sarah Diffalah, les journalistes qui s’occupent de l’International pour savoir si elles en savent quelque chose sur mon agence(ani.mr) qui diffuse «sans jamais avoir été démentie» les communiqués Aqmi repris par AFP et le reste du monde. Je ne serai pas surpris de savoir qu’on ne connaît pas ani.mr(le contraire m’aurait étonné), mais toutes deux s’activent pour prendre mes coordonnées et me demander si je pourrais leur accorder des entretiens sur Aqmi, ses chefs, ses fonctionnements, …
Des voix m’appellent. Je demande un peu de patience, puis Abdelali vient me chercher en personne. J’apprendrai une fois dehors qu’on m’appelait pour une photo avec le rédacteur en chef du nouvelobs. com et que deux mots avaient été dits sur moi par les filles de mon groupe et Dominique selon lesquels je faisais de la drague et que si on ne me tire pas de là, je risque d’y rester pour plus longtemps que prévu.
Il n’en était rien, mais il est vrai que depuis que nous avons quitté le CFPJ pour le nouvelobs.com, les filles ne cessaient de me la coller en route et elles en riaient. Elles donnaient l’impression de tout avoir combiné car dès que j’ouvrais la bouche pour parler, il y en avait une qui avait le mot juste pour tourner en moquerie ce que je voulais dire avec intelligence et les autres la suivaient en riant. Une manière si gentille à elles de s’intéresser à moi que je les provoquais à chaque vue d’œil, n’en demandant pas mieux.
Ainsi lorsque je proposais à Dominique une page de pub dans mon journal contre un prolongement de ma formation au CFPJ, elle me dit que le Centre n’en avait pas besoin et surtout pas dans mon journal ! Je l’invite à venir passer ses vacances en Mauritanie, ce beau pays plein de contrastes où on ne cesse de faire des élections présidentielles et des coups d’Etat le lendemain. Elle me dit qu’elle les a programmées en Russie ! Et quand je me rabats sur la petite Kingué en essayant de lui verser de l’eau à boire, elle me demande si elle ne pouvait pas le faire elle-même ?
Quant à Nabila, c’est la pire des réponses sèches qu’elle va chercher, surtout dans notre différence d’âge. Quand je dis : «On a fait Audacity avec Eric, Marianne et maintenant vous Abdelali», elle s’invite: «On n’a pas appris ça. Pauvre Khattatt, tu as du confondre...» Ou : «Est-ce que ce n’est pas la mémoire qui commence à …»
Elle sait que j’ai raison, qu’elle a tort mais qu’à cela ne tienne, elle va marquer son point.
Ben, qui m’a inventé, entretemps un autre pseudo pour m’appeler «Attack» au lieu de Khattatt vient à ma rescousse comme par pitié. «Eric, Marianne, puis Eric. Attack a raison». Pourtant Nabila et Ben s’entendaient très bien de puis deux semaines déjà. Ils avaient en effet, décrété tous seuls la gestion des jetons qui nous servaient à prendre café, thé, lait. A la fin de la journée, Ben emportait les pièces restantes dans son sac pour les ramener le lendemain.
Quand j’en demandais un ou deux jetons de plus parce que j’en filais à Dominique de passage dans notre classe, mes deux compères m’en faisaient voir de toutes les couleurs, me tiraient dessus à boulets rouges avant que Ben ne se décide à me dire: «Tu passes par Nabila». Laquelle rétorque : «D’abord un jeton pour moi» et après un moment: «on te fait une avance sur tes deux jetons de demain».
Comme quoi, le «Koro», respectable et bien estimé que j’étais au début de la formation était devenu, du jour au lendemain et sans savoir pourquoi, «Attack», ce je ne sais quoi dont le géniteur Ben est le seul à en avoir le secret. Je laissais faire en répondant à chaque fois, convaincu qu’il fallait un Ben pour qu’existe un Attack, mais je les prévenais tous: «Lisez-moi sur mon blog!»
(A suivre …)
13ème partie
Au «nouvelobs.com», 10-12, place de la Bourse, nous sommes accueillis par le rédacteur en chef, qui nous fait un rapide tour d’horizon du journal en ligne. Il nous informera que le site a été lancé en 1999 avec la particularité d’être le site d’un hebdo mais n’en reproduit pas forcément les articles. Que la base du travail reste, outre le scoop et les infos exclusives, les fils des agences AFP et Reuters et qu’ils bossent 7j/7 de 05H du matin à 23H avec un système d’alerte.
Depuis un an, les journalistes du site et ceux du journal (130 au total) sont mélangés, dira-t-il, dont 30 sont dédiés au web avec leur spécialisation qui pour le Live (4 ou 5), qui pour les papiers d’éclairage, les scoops, qui pour la vidéo (2), etc. Enfin, il nous indiquera que le nouvelobs.com est quand même dans le carré des sites d’info français les plus en vue avec ses 5 millions de visiteurs uniques (soit 400.000 visiteurs par jour, environ 3 pages par lecteur).
Le hic est que le site perd de l’argent. Après cet entretien, nous passons dire bonjour aux collègues et voir comment cela marche. Mais très vite, je pose pied chez Céline Lussato et Sarah Diffalah, les journalistes qui s’occupent de l’International pour savoir si elles en savent quelque chose sur mon agence(ani.mr) qui diffuse «sans jamais avoir été démentie» les communiqués Aqmi repris par AFP et le reste du monde. Je ne serai pas surpris de savoir qu’on ne connaît pas ani.mr(le contraire m’aurait étonné), mais toutes deux s’activent pour prendre mes coordonnées et me demander si je pourrais leur accorder des entretiens sur Aqmi, ses chefs, ses fonctionnements, …
Des voix m’appellent. Je demande un peu de patience, puis Abdelali vient me chercher en personne. J’apprendrai une fois dehors qu’on m’appelait pour une photo avec le rédacteur en chef du nouvelobs. com et que deux mots avaient été dits sur moi par les filles de mon groupe et Dominique selon lesquels je faisais de la drague et que si on ne me tire pas de là, je risque d’y rester pour plus longtemps que prévu.
Il n’en était rien, mais il est vrai que depuis que nous avons quitté le CFPJ pour le nouvelobs.com, les filles ne cessaient de me la coller en route et elles en riaient. Elles donnaient l’impression de tout avoir combiné car dès que j’ouvrais la bouche pour parler, il y en avait une qui avait le mot juste pour tourner en moquerie ce que je voulais dire avec intelligence et les autres la suivaient en riant. Une manière si gentille à elles de s’intéresser à moi que je les provoquais à chaque vue d’œil, n’en demandant pas mieux.
Ainsi lorsque je proposais à Dominique une page de pub dans mon journal contre un prolongement de ma formation au CFPJ, elle me dit que le Centre n’en avait pas besoin et surtout pas dans mon journal ! Je l’invite à venir passer ses vacances en Mauritanie, ce beau pays plein de contrastes où on ne cesse de faire des élections présidentielles et des coups d’Etat le lendemain. Elle me dit qu’elle les a programmées en Russie ! Et quand je me rabats sur la petite Kingué en essayant de lui verser de l’eau à boire, elle me demande si elle ne pouvait pas le faire elle-même ?
Quant à Nabila, c’est la pire des réponses sèches qu’elle va chercher, surtout dans notre différence d’âge. Quand je dis : «On a fait Audacity avec Eric, Marianne et maintenant vous Abdelali», elle s’invite: «On n’a pas appris ça. Pauvre Khattatt, tu as du confondre...» Ou : «Est-ce que ce n’est pas la mémoire qui commence à …»
Elle sait que j’ai raison, qu’elle a tort mais qu’à cela ne tienne, elle va marquer son point.
Ben, qui m’a inventé, entretemps un autre pseudo pour m’appeler «Attack» au lieu de Khattatt vient à ma rescousse comme par pitié. «Eric, Marianne, puis Eric. Attack a raison». Pourtant Nabila et Ben s’entendaient très bien de puis deux semaines déjà. Ils avaient en effet, décrété tous seuls la gestion des jetons qui nous servaient à prendre café, thé, lait. A la fin de la journée, Ben emportait les pièces restantes dans son sac pour les ramener le lendemain.
Quand j’en demandais un ou deux jetons de plus parce que j’en filais à Dominique de passage dans notre classe, mes deux compères m’en faisaient voir de toutes les couleurs, me tiraient dessus à boulets rouges avant que Ben ne se décide à me dire: «Tu passes par Nabila». Laquelle rétorque : «D’abord un jeton pour moi» et après un moment: «on te fait une avance sur tes deux jetons de demain».
Comme quoi, le «Koro», respectable et bien estimé que j’étais au début de la formation était devenu, du jour au lendemain et sans savoir pourquoi, «Attack», ce je ne sais quoi dont le géniteur Ben est le seul à en avoir le secret. Je laissais faire en répondant à chaque fois, convaincu qu’il fallait un Ben pour qu’existe un Attack, mais je les prévenais tous: «Lisez-moi sur mon blog!»
(A suivre …)
jeudi 4 août 2011
MA CHRONIQUE PARISIENNE (12ème Partie)
Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
12ème partie
Plus que deux jours et c’en est fini avec la formation, le groupe, les croissants et les pièces de café gratuit du CFPJ, et même le passe navigo dont la validité expire au 31 juillet.
Depuis quelques jours déjà, j’avais entamé mon shopping entre Barbès, Les Halles et Montparnasse. Un peu comme je le pouvais entre la fin des cours (17H) et les repos hebdomadaires de samedi-dimanche. Surtout que pour quelqu’un comme moi qui habite au 6ème arrondissement, suit sa formation au 2ème et déjeune au 18ème arrondissement, il vaut mieux de s’y faire par petits achats ici ou là, suivant les sous disponibles après la bouffe.
Il ne s’agit pas d’avoir la grosse tête, mais un cadeau à 5, 10 ou 29 euros, ça peut faire plaisir. Déjà que mon ami et collègue Ben Youssouf, alias Ben, achète son parfum à 2 euros à la gare de Lyon, j’ose bien me payer celui de Madame à 12 euros à Barbès ! Sans compter tout le bazar du marché aux puces où tout se brade pour deux fois rien ! Et puis, nous en parlons de plus en plus dans notre groupe puisque Ben, le burkinabé, doit rentrer au pays des hommes intègres vendredi, alors que nous rentrons au bercail un jour après.
Incorrigible Ben qui n’a pas manqué de faire un tour à Pigalle ! Cherchait-il vraiment à faire des achats bon marché ? Sérieusement, j’en doute. Il m’avouera d’ailleurs qu’il n’a pas trouvé ce qu’il cherchait. Du moins au prix qu’il voulait. Mais tout cela est difficile à décrypter. Surtout venant de la bouche de Ben qui me rappelle Béru, le fameux pote de San-Antonio, en ce sens qu’il est porté sur les plaisirs de table et les plaisirs charnels.
Depuis que je lui ai lu le poème de l’abbé de Lattaignant, Ben ne sait plus dire une phrase sans la conclure par: «Je vous passe le mot et passez-moi la chose». Ce qui veut dire autre chose.
Je dirai pour exciter mon ami Ben (et l'histoire est vrai, soit dit en passant) que ma voisine de chambre (une ressortissante d’Europe de l’Est pour ne pas dire plus) a frappé, un soir, à ma porte avec une bouteille de vin qu’elle n’arrivait pas ouvrir alors que le tire-bouchon avait pourtant pris dans le bouchon en liège naturel.
Non seulement elle voulait que je l’aide à l’ouvrir mais elle insistera pour que je prenne un verre avec elle. Je lui dis que, jamais je n’avais bu auparavant et que ce ne sera pas ce soir. Elle insiste en s'exclamant: «Mais c’est l’occasion, nous allons boire ensemble, c’est une belle occasion pour toi !». «Niet», dis-je sur un ton ferme et elle laisse tomber en marmottant: «Je vais aller boire avec Emuline !». Inutile de vous dire que Ben avait une autre interprétation de cette anecdote. C'est plus fort que lui. Bien sûr, je ne la partage pas, mais je ne le contrarie pas non plus puisque je le comprends. «Heureusement que nous rentrons chez nous», lui dis-je.
En vérité, dans nos têtes, c’est un sujet de débat. Et comme, jeudi était notre dernier jour à tous au CFPJ, la responsable pédagogique nous ayant indiqué qu’il a été décidé de nous laisser quartier libre vendredi 29 juillet, nous avons poussé un «ouf» de soulagement bien profond.
Pour en revenir à la formation, Abdelali Ragad qui nous a fait découvrir une autre manière de créer des blogs avec Wordpress en y développant une page pour chacun d’entre nous sur son compte à lui et sur laquelle nous ferons nos exercices pour placer vidéo, son, etc.), sera amené à accéléré ses cours pour combler la journée de vendredi. Reportage sur le terrain (encore et toujours sous la pluie) avec choix d’éléments sonores pour enrichir le papier (témoignage, interview, micro-trottoir), le formateur mettra le paquet.
D’une grande simplicité, Abdelali nous accompagne et nous fait un dernier briefing une fois sur le terrain. Ce sera notre dernier reportage qui sur les vacances, qui sur les restaurants, qui sur les soldes.
(A suivre …)
12ème partie
Plus que deux jours et c’en est fini avec la formation, le groupe, les croissants et les pièces de café gratuit du CFPJ, et même le passe navigo dont la validité expire au 31 juillet.
Depuis quelques jours déjà, j’avais entamé mon shopping entre Barbès, Les Halles et Montparnasse. Un peu comme je le pouvais entre la fin des cours (17H) et les repos hebdomadaires de samedi-dimanche. Surtout que pour quelqu’un comme moi qui habite au 6ème arrondissement, suit sa formation au 2ème et déjeune au 18ème arrondissement, il vaut mieux de s’y faire par petits achats ici ou là, suivant les sous disponibles après la bouffe.
Il ne s’agit pas d’avoir la grosse tête, mais un cadeau à 5, 10 ou 29 euros, ça peut faire plaisir. Déjà que mon ami et collègue Ben Youssouf, alias Ben, achète son parfum à 2 euros à la gare de Lyon, j’ose bien me payer celui de Madame à 12 euros à Barbès ! Sans compter tout le bazar du marché aux puces où tout se brade pour deux fois rien ! Et puis, nous en parlons de plus en plus dans notre groupe puisque Ben, le burkinabé, doit rentrer au pays des hommes intègres vendredi, alors que nous rentrons au bercail un jour après.
Incorrigible Ben qui n’a pas manqué de faire un tour à Pigalle ! Cherchait-il vraiment à faire des achats bon marché ? Sérieusement, j’en doute. Il m’avouera d’ailleurs qu’il n’a pas trouvé ce qu’il cherchait. Du moins au prix qu’il voulait. Mais tout cela est difficile à décrypter. Surtout venant de la bouche de Ben qui me rappelle Béru, le fameux pote de San-Antonio, en ce sens qu’il est porté sur les plaisirs de table et les plaisirs charnels.
Depuis que je lui ai lu le poème de l’abbé de Lattaignant, Ben ne sait plus dire une phrase sans la conclure par: «Je vous passe le mot et passez-moi la chose». Ce qui veut dire autre chose.
Je dirai pour exciter mon ami Ben (et l'histoire est vrai, soit dit en passant) que ma voisine de chambre (une ressortissante d’Europe de l’Est pour ne pas dire plus) a frappé, un soir, à ma porte avec une bouteille de vin qu’elle n’arrivait pas ouvrir alors que le tire-bouchon avait pourtant pris dans le bouchon en liège naturel.
Non seulement elle voulait que je l’aide à l’ouvrir mais elle insistera pour que je prenne un verre avec elle. Je lui dis que, jamais je n’avais bu auparavant et que ce ne sera pas ce soir. Elle insiste en s'exclamant: «Mais c’est l’occasion, nous allons boire ensemble, c’est une belle occasion pour toi !». «Niet», dis-je sur un ton ferme et elle laisse tomber en marmottant: «Je vais aller boire avec Emuline !». Inutile de vous dire que Ben avait une autre interprétation de cette anecdote. C'est plus fort que lui. Bien sûr, je ne la partage pas, mais je ne le contrarie pas non plus puisque je le comprends. «Heureusement que nous rentrons chez nous», lui dis-je.
En vérité, dans nos têtes, c’est un sujet de débat. Et comme, jeudi était notre dernier jour à tous au CFPJ, la responsable pédagogique nous ayant indiqué qu’il a été décidé de nous laisser quartier libre vendredi 29 juillet, nous avons poussé un «ouf» de soulagement bien profond.
Pour en revenir à la formation, Abdelali Ragad qui nous a fait découvrir une autre manière de créer des blogs avec Wordpress en y développant une page pour chacun d’entre nous sur son compte à lui et sur laquelle nous ferons nos exercices pour placer vidéo, son, etc.), sera amené à accéléré ses cours pour combler la journée de vendredi. Reportage sur le terrain (encore et toujours sous la pluie) avec choix d’éléments sonores pour enrichir le papier (témoignage, interview, micro-trottoir), le formateur mettra le paquet.
D’une grande simplicité, Abdelali nous accompagne et nous fait un dernier briefing une fois sur le terrain. Ce sera notre dernier reportage qui sur les vacances, qui sur les restaurants, qui sur les soldes.
(A suivre …)
mercredi 3 août 2011
MA CHRONIQUE PARISIENNE (11ème Partie)
Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
11ème partie
Un geste inattentif de ma part, alors que je voulais essuyer les verres de mes lunettes, en fait sauter un bras. Et crac ! C’est parti, irrécupérable. A deux jours de la fin de ma formation, je me retrouve à chercher un opticien pour réparer mes lunettes de vue. Ce sera un calvaire le lendemain, car, après avoir passé une première demi-journée à les chausser en y appliquant un morceau de scotch gentiment donné par la secrétaire de l’accueil du CFPJ, je devais passer les deux heures de ma pause-déjeuner à chercher un opticien dans le 2ème arrondissement.
Pourtant Véronique Garé, la directrice du service International du CFPJ m’avait conseillé dans les couloirs d’aller aux Halles où les centres commerciaux pullulent.
En quittant le métro «Sentier» de retour d’un RV à l’ambassade de Mauritanie, nous perdurerons à chercher un opticien. Et sans nous en rendre compte, nous atterrissons sur le boulevard Réaumur Sébastopol où, après une longue marche, nous trouvons un comptoir opticien. L’homme au teint foncé que nous trouvons hésite à défaire le morceau de scotch qui tient droit le bras cassé gauche de mes lunettes.
Je demande à Dou de m’aider ne voyant pas très bien par où commencer pour défaire le scotch avant de laisser entre les mains du Sieur la branche cassée et les lunettes. Il regarde et me dit qui c’est irréparable. Je demande à savoir combien coûte un cadre bon marché pour remplacer le mien. Il se lève, en cherche un et me dit qu’il coûte 59 Euros. Une fortune. Je demande s’il n’y a pas moins cher. Il dit non. Je dis merci et quitte les lieux.
Mon objectif à présent sera de retrouver le chemin pour rentrer au CFPJ. Nous demandons à quelques passants qui nous disent de continuer à avancer dans la même direction. Je demande alors à une énième personne comment rejoindre la rue Montmartre ou la rue du Louvre. Toujours rien et tout d’un coup, j’aperçois des grues et me rappelle que Les Halles (1er arrondissement de Paris) sont en chantier de rénovation jusqu’en 2016. Virage à droite, à gauche, tout droit et voilà que nous pénétrons dans un sous-sol, celui du Forum des Halles. Un centre commercial souterrain qui fait partie de la gare RER Châtelet-Les Halles, située juste en dessous du complexe et qui est la plus grande gare souterraine du monde et permet un accès depuis toute la région parisienne.
Les Halles de Paris occupent une zone de 10 hectares, à cheval sur les Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements de la ville de Paris. Ici, c’est un vaste marché, avec un espace vert (le Jardin des Halles), un centre commercial (le Forum des Halles), et de nombreux endroits consacrés aux loisirs (piscine, cinéma). Les tapis roulants me renvoient par-ci, par-là sans que je sache vers quelle sortie me retrouverai-je.
Je cherche des yeux. Tout d’un coup j’aperçois «Grand Optical». Je me dirige vers l’accueil. Un homme est là et m’offre son service. «Je voudrai réparer mes lunettes», avançais-je. Il les prend, regarde et dit: «Le technicien est absent, mais il revient dans une heure. Si vous voulez, je prends vos coordonnées et vous reviendrez vers 17H les récupérer. C’est un service gratuit.» «OK !», dis-je aux anges. Comme ce sera dit, ce sera fait. La parole est tenue des deux côtés et je récupère mes lunettes à 17H.
Le soir je place la chronique qui parle de mon flop et de Dominique. Lorsque je serai au CFPJ, cette dernière viendra m’informer qu’elle l’a lue et me fait une remarque sympathique. J’avouerai que je vois bien les choses comme elles sont et que mes jugements sont subjectifs, très subjectifs. Elle consent, les yeux brillant de joie. C’est, du moins, comme cela que je les voie. Illusion, me dira-t-elle si elle était à côté de moi, mais voilà, je suis parti.
Le même jour, 28 juillet, soit 24H avant la fin de notre formation et deux jours avant mon départ retour pour Nouakchott, je reçois un mail de Mila Rivault, ma prof de blog qui m’écrit ceci:
«Bonjour Monsieur Khattatt,
J'ai regardé votre blog aujourd'hui, super !!! Je suis ravie de voir que vous prenez du plaisir à utiliser l'outil. Le ton est très vivant. Si vous avez besoin de conseils pour l'améliorer n'hésitez pas à m'envoyer par mail vos questions !
Beau travail de référencement ! Bravo.
Chaleureusement, Mila».
Je signale l’info à mes collègues en y rajoutant un peu, genre que Mila les salue. Ce qui ne sera pas faux puisque Mila m’enverra un autre mail dans lequel elle souligne ses «chaleureuses salutations aux autres membres du groupe !».
Quelqu’un frappe à la porte 203, où nous avons cours avec le formidable Abdelali Ragad qui nous apprend à monter nos vidéos sur Youtube. C’est encore Dominique. Elle s’excuse de nous déranger et dit: «Je viens féliciter Monsieur Khattatt de la part de Mila Rivault qui m’a envoyé un mail. Elle est très satisfaite de son blog. Nous aussi d’ailleurs. Si vous pouvez nous donner vos travaux réalisés depuis que vous êtes là, ce serait gentil à vous, nous pourrions les exploiter».
Mes collègues affirment qu’ils n’avaient pas gardé la main sur leur blog. Dominique nous rappelle que nous devons visiter le site du «Nouvel Obs», cet après-midi à partir de 15H45.
(A suivre …)
11ème partie
Un geste inattentif de ma part, alors que je voulais essuyer les verres de mes lunettes, en fait sauter un bras. Et crac ! C’est parti, irrécupérable. A deux jours de la fin de ma formation, je me retrouve à chercher un opticien pour réparer mes lunettes de vue. Ce sera un calvaire le lendemain, car, après avoir passé une première demi-journée à les chausser en y appliquant un morceau de scotch gentiment donné par la secrétaire de l’accueil du CFPJ, je devais passer les deux heures de ma pause-déjeuner à chercher un opticien dans le 2ème arrondissement.
Pourtant Véronique Garé, la directrice du service International du CFPJ m’avait conseillé dans les couloirs d’aller aux Halles où les centres commerciaux pullulent.
En quittant le métro «Sentier» de retour d’un RV à l’ambassade de Mauritanie, nous perdurerons à chercher un opticien. Et sans nous en rendre compte, nous atterrissons sur le boulevard Réaumur Sébastopol où, après une longue marche, nous trouvons un comptoir opticien. L’homme au teint foncé que nous trouvons hésite à défaire le morceau de scotch qui tient droit le bras cassé gauche de mes lunettes.
Je demande à Dou de m’aider ne voyant pas très bien par où commencer pour défaire le scotch avant de laisser entre les mains du Sieur la branche cassée et les lunettes. Il regarde et me dit qui c’est irréparable. Je demande à savoir combien coûte un cadre bon marché pour remplacer le mien. Il se lève, en cherche un et me dit qu’il coûte 59 Euros. Une fortune. Je demande s’il n’y a pas moins cher. Il dit non. Je dis merci et quitte les lieux.
Mon objectif à présent sera de retrouver le chemin pour rentrer au CFPJ. Nous demandons à quelques passants qui nous disent de continuer à avancer dans la même direction. Je demande alors à une énième personne comment rejoindre la rue Montmartre ou la rue du Louvre. Toujours rien et tout d’un coup, j’aperçois des grues et me rappelle que Les Halles (1er arrondissement de Paris) sont en chantier de rénovation jusqu’en 2016. Virage à droite, à gauche, tout droit et voilà que nous pénétrons dans un sous-sol, celui du Forum des Halles. Un centre commercial souterrain qui fait partie de la gare RER Châtelet-Les Halles, située juste en dessous du complexe et qui est la plus grande gare souterraine du monde et permet un accès depuis toute la région parisienne.
Les Halles de Paris occupent une zone de 10 hectares, à cheval sur les Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements de la ville de Paris. Ici, c’est un vaste marché, avec un espace vert (le Jardin des Halles), un centre commercial (le Forum des Halles), et de nombreux endroits consacrés aux loisirs (piscine, cinéma). Les tapis roulants me renvoient par-ci, par-là sans que je sache vers quelle sortie me retrouverai-je.
Je cherche des yeux. Tout d’un coup j’aperçois «Grand Optical». Je me dirige vers l’accueil. Un homme est là et m’offre son service. «Je voudrai réparer mes lunettes», avançais-je. Il les prend, regarde et dit: «Le technicien est absent, mais il revient dans une heure. Si vous voulez, je prends vos coordonnées et vous reviendrez vers 17H les récupérer. C’est un service gratuit.» «OK !», dis-je aux anges. Comme ce sera dit, ce sera fait. La parole est tenue des deux côtés et je récupère mes lunettes à 17H.
Le soir je place la chronique qui parle de mon flop et de Dominique. Lorsque je serai au CFPJ, cette dernière viendra m’informer qu’elle l’a lue et me fait une remarque sympathique. J’avouerai que je vois bien les choses comme elles sont et que mes jugements sont subjectifs, très subjectifs. Elle consent, les yeux brillant de joie. C’est, du moins, comme cela que je les voie. Illusion, me dira-t-elle si elle était à côté de moi, mais voilà, je suis parti.
Le même jour, 28 juillet, soit 24H avant la fin de notre formation et deux jours avant mon départ retour pour Nouakchott, je reçois un mail de Mila Rivault, ma prof de blog qui m’écrit ceci:
«Bonjour Monsieur Khattatt,
J'ai regardé votre blog aujourd'hui, super !!! Je suis ravie de voir que vous prenez du plaisir à utiliser l'outil. Le ton est très vivant. Si vous avez besoin de conseils pour l'améliorer n'hésitez pas à m'envoyer par mail vos questions !
Beau travail de référencement ! Bravo.
Chaleureusement, Mila».
Je signale l’info à mes collègues en y rajoutant un peu, genre que Mila les salue. Ce qui ne sera pas faux puisque Mila m’enverra un autre mail dans lequel elle souligne ses «chaleureuses salutations aux autres membres du groupe !».
Quelqu’un frappe à la porte 203, où nous avons cours avec le formidable Abdelali Ragad qui nous apprend à monter nos vidéos sur Youtube. C’est encore Dominique. Elle s’excuse de nous déranger et dit: «Je viens féliciter Monsieur Khattatt de la part de Mila Rivault qui m’a envoyé un mail. Elle est très satisfaite de son blog. Nous aussi d’ailleurs. Si vous pouvez nous donner vos travaux réalisés depuis que vous êtes là, ce serait gentil à vous, nous pourrions les exploiter».
Mes collègues affirment qu’ils n’avaient pas gardé la main sur leur blog. Dominique nous rappelle que nous devons visiter le site du «Nouvel Obs», cet après-midi à partir de 15H45.
(A suivre …)
mardi 2 août 2011
MA CHRONIQUE PARISIENNE (10ème Partie)
Par Mohamed Ould Khattatt
10ème partie
Dans cette quatrième semaine de ce séjour parisien, j’irai découvrir un peu plus la diaspora mauritanienne dont une frange avait prévu d’organiser, dimanche 24 juillet, à l’initiative de quelques organisations non gouvernementales mauritanienne actives en France, une marche de protestation contre l’opération, en cours en Mauritanie, de recensement des populations dans laquelle elle voyait une discrimination raciale et partant elle demandait l’arrêt immédiat de ce processus de recensement qui, pour elle, risque de perturber la paix sociale.
J’assisterai alors à cette marche qui s’était ébranlée du Trocadéro aux alentours de 15H locales, en allant la rencontrer, rue Longchamp, un peu avant son arrivée devant l’ambassade de Mauritanie en France, sise, 5 rue Montevideo, à la Porte Dauphine, au 16ème arrondissement de Paris.
Une centaine de personnes, toutes de couleurs marchaient en criant «je veux ma liberté» et en brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire, «touche pas à ma Mauritanité», «touche pas à ma nationalité». Je discuterai avec nombre d’entre en eux, mécontents qu’ils étaient de la tournure des évènements lorsque, autorisés pour la première fois à faire progresser leur marche jusque devant la porte de l’ambassade des zélés se mettent à frapper de toutes leurs forces le portail et arracher l’enseigne identifiant l’immeuble officiel.
L’ordre sera rétabli avec l’arrivée d’une vingtaine de CRS armés jusqu’aux dents à bord de pas moins de cinq minibus. Les manifestants mauritaniens s’empressent de lire un communiqué, en transmettent une copie à l’ambassade et se dispersent, sous l’œil vigilant de police antiémeute française. J’apprendrai plus tard que la justice française avait été saisie par l’ambassade mauritanienne pour ce trouble et qu’une comparution d’au moins une personne est prévue en milieu du mois d’août courant.
Parallèlement à cette marche, je rencontre trois dames mauritaniennes dont une me reconnaît en criant mon nom et me dit qu’elle adore la chronique parisienne, une autre qui me dit que noirs et maures mauritaniens ne peuvent cohabiter et finit par me donner un rendez-vous pour discuter qu’elle ne respectera pas et une troisième femme, Marième Kane avec laquelle je ferai amitié et qui acceptera de s’exprimer pour mon journal sur cette marche.
L’évènement de la diaspora mauritanienne sera vite balayé par le coup médiatique de la défense de Nafissatou Diallo, l’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn témoignant, à visage découvert, le lundi 25 juillet sur la chaine de télévision ABC et dans l’hebdomadaire Newsweek, avant de passer huit heures, mercredi, dans les locaux du bureau du procureur et donner une conférence de presse jeudi à Brooklyn. L’audience de DSK était programmée pour le 1er août, elle sera renvoyée au 23.
Dans les télés françaises on ne cesse de revenir sur cette affaire pour se demander si «les conseils de la jeune guinéenne brûlent-ils leurs dernières cartouches avant d’engager une action au civil, ou ont-ils de quoi imposer un procès pénal ?»
J’apprendrais entretemps que les prisons en France sont parfois surpeuplées avec un taux atteignant au 1er juillet, 115,4% avec 64.726 personnes détenues pour 56.081 places réparties dans les 191 établissements composant le parc pénitentiaire français (dixit le journal Libération).
(A suivre …)
10ème partie
Dans cette quatrième semaine de ce séjour parisien, j’irai découvrir un peu plus la diaspora mauritanienne dont une frange avait prévu d’organiser, dimanche 24 juillet, à l’initiative de quelques organisations non gouvernementales mauritanienne actives en France, une marche de protestation contre l’opération, en cours en Mauritanie, de recensement des populations dans laquelle elle voyait une discrimination raciale et partant elle demandait l’arrêt immédiat de ce processus de recensement qui, pour elle, risque de perturber la paix sociale.
J’assisterai alors à cette marche qui s’était ébranlée du Trocadéro aux alentours de 15H locales, en allant la rencontrer, rue Longchamp, un peu avant son arrivée devant l’ambassade de Mauritanie en France, sise, 5 rue Montevideo, à la Porte Dauphine, au 16ème arrondissement de Paris.
Une centaine de personnes, toutes de couleurs marchaient en criant «je veux ma liberté» et en brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire, «touche pas à ma Mauritanité», «touche pas à ma nationalité». Je discuterai avec nombre d’entre en eux, mécontents qu’ils étaient de la tournure des évènements lorsque, autorisés pour la première fois à faire progresser leur marche jusque devant la porte de l’ambassade des zélés se mettent à frapper de toutes leurs forces le portail et arracher l’enseigne identifiant l’immeuble officiel.
L’ordre sera rétabli avec l’arrivée d’une vingtaine de CRS armés jusqu’aux dents à bord de pas moins de cinq minibus. Les manifestants mauritaniens s’empressent de lire un communiqué, en transmettent une copie à l’ambassade et se dispersent, sous l’œil vigilant de police antiémeute française. J’apprendrai plus tard que la justice française avait été saisie par l’ambassade mauritanienne pour ce trouble et qu’une comparution d’au moins une personne est prévue en milieu du mois d’août courant.
Parallèlement à cette marche, je rencontre trois dames mauritaniennes dont une me reconnaît en criant mon nom et me dit qu’elle adore la chronique parisienne, une autre qui me dit que noirs et maures mauritaniens ne peuvent cohabiter et finit par me donner un rendez-vous pour discuter qu’elle ne respectera pas et une troisième femme, Marième Kane avec laquelle je ferai amitié et qui acceptera de s’exprimer pour mon journal sur cette marche.
L’évènement de la diaspora mauritanienne sera vite balayé par le coup médiatique de la défense de Nafissatou Diallo, l’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn témoignant, à visage découvert, le lundi 25 juillet sur la chaine de télévision ABC et dans l’hebdomadaire Newsweek, avant de passer huit heures, mercredi, dans les locaux du bureau du procureur et donner une conférence de presse jeudi à Brooklyn. L’audience de DSK était programmée pour le 1er août, elle sera renvoyée au 23.
Dans les télés françaises on ne cesse de revenir sur cette affaire pour se demander si «les conseils de la jeune guinéenne brûlent-ils leurs dernières cartouches avant d’engager une action au civil, ou ont-ils de quoi imposer un procès pénal ?»
J’apprendrais entretemps que les prisons en France sont parfois surpeuplées avec un taux atteignant au 1er juillet, 115,4% avec 64.726 personnes détenues pour 56.081 places réparties dans les 191 établissements composant le parc pénitentiaire français (dixit le journal Libération).
(A suivre …)
lundi 1 août 2011
MA CHRONIQUE PARISIENNE (9ème Partie)
Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
9ème partie
Notre troisième semaine sera consacrée à l’audiovisuel, plus précisément au journalisme de télévision dans sa théorie et sa pratique. Nous aurons alors comme formateur principal Philippe Queyroux qui sera assisté de Mathieu Wibault, d’excellents journalistes expérimentés, affables et ouverts, pour ne pas dire posés et circonspects.
Surtout Philippe dont le calme et la patience m’ont plus d’une fois, laissés coi. On dirait un terrouzi nourri au «aich» et au «bellakh zein» des tribus du Trarza (Sud de la Mauritanie). Non pas qu’il soit froid, non loin de là, mais plutôt qu’il soit réfléchi, d’un esprit stable que rien n’irrite. J’en voudrai pour preuve les milles et une fois où, l’un restait tous les doigts collés au clavier pour chater sur Facebook à longueur de journée alors que Philippe s’efforçait de nous transmettre son savoir et la technique qui va avec.
L’attention des autres ayant attiré sur cette lourde absence du restant, Philippe lui sortait, avec sourire et dans cet humour discret dont il avait le secret: «Il nous en dira un peu plus grâce à Facebook». Troublés, nous montrons nos dents plus par admiration de l’art et de la manière que des mots pour le dire, mais nous ne rirons pas à gorge déployée.
Le cours magistral sur la télévision que nous apprendrons que ce que l’on voit dans la caméra n’est pas ce que l’on voit dans la réalité. On fera alors les écarts de diaphragme (qualité de la lumière qui vient à notre œil), les valeurs des plans on ne coupe pas une personne à la hauteur des articulations mais au milieux des membres), la règle des tiers (16/9, 4/3, la caméra avec ses focales (courte et longue) et ses quatre mouvements (travelling, panoramique, zoom et transtrav), la profondeur de champ, la loi des 30° et des 180°, les températures des couleurs, le reportage et ses illustration-interview-ambiance, etc.
On nous conseillera de faire pour chaque action, trois plans, 3 valeurs et 3 axes, sans oublier de faire la mise au point lumière, fixer la caméra et un plan fixe d’au moins 10 secondes. Passée la théorie, nous passons à l’action en allant faire notre reportage, caméras individuelles en main, sur le pont des arts, qui par rapport au tourisme, qui à son architecture.
Bien que la pluie s’invite à notre arrivée sur cette passerelle des Arts, alors que nous n’avons pas prévu de parapluie ni pour nous protéger, ni pour couvrir nos caméras, ne céderons de notre volonté de faire coûte que coûte, cet exercice pratique qui est le premier pour nombre d’entre nous, moi en tête.
Il est vrai que nos deux formateurs nous rejoindrons trépied sous les bras. Prises de plans, d’ambiance sur et sous le pont, interview avec des touristes, nous mitraillons tout avec nos caméras, y compris les cadenas d’amours qui peuplent les rambardes du pont. Des cadenas d’amours sur lesquels des amoureux, venus des quatre coins du monde, ont gravé leurs noms avant d’en jeter les clés dans les eaux de la Seine, non sans oublier de déclarer, chacun, sa flamme à l’élue de son cœur, lui prêter des serments éternels, l’étreindre et l’embrasser avant de partir.
Certes, nombreux sont les ponts en France. Mais le plus célèbre d’entre eux, reste sans doute ce pont des Arts ou «pont des amoureux» qui traverse la Seine et relie le Louvre à l’Institut de France. Ici, touristes, autochtones, peintres, photographes et artistes se confondent et se fondent dans la masse. Un véritable boat people ou un melting-pot où les uns et les autres viennent, qui pour admirer l’architecture du pont. Qui pour flâner, lire un livre, profiter de son temps de loisir, jouer un air de musique ou invoquer les Muses.
Nous reviendrons au CFP vers 18H et quelques poussières. Ce n’est que le lendemain que nous les visionnerons avec nos formateurs lesquels s’en donneront à cœur joie au décorticage de ce travail sur le terrain. Un carnage pour moi.
Les rushes (les films bruts) seront conservés pour le formateur suivant, en charge du montage vidéo (Abdelali Ragad, un algérien, journaliste à France 24), que nous découvrirons dans l’après-midi et avec lequel nous auront à poursuivre la dernière semaine de notre formation multimédia au CFPJ.
(A suivre ...)
9ème partie
Notre troisième semaine sera consacrée à l’audiovisuel, plus précisément au journalisme de télévision dans sa théorie et sa pratique. Nous aurons alors comme formateur principal Philippe Queyroux qui sera assisté de Mathieu Wibault, d’excellents journalistes expérimentés, affables et ouverts, pour ne pas dire posés et circonspects.
Surtout Philippe dont le calme et la patience m’ont plus d’une fois, laissés coi. On dirait un terrouzi nourri au «aich» et au «bellakh zein» des tribus du Trarza (Sud de la Mauritanie). Non pas qu’il soit froid, non loin de là, mais plutôt qu’il soit réfléchi, d’un esprit stable que rien n’irrite. J’en voudrai pour preuve les milles et une fois où, l’un restait tous les doigts collés au clavier pour chater sur Facebook à longueur de journée alors que Philippe s’efforçait de nous transmettre son savoir et la technique qui va avec.
L’attention des autres ayant attiré sur cette lourde absence du restant, Philippe lui sortait, avec sourire et dans cet humour discret dont il avait le secret: «Il nous en dira un peu plus grâce à Facebook». Troublés, nous montrons nos dents plus par admiration de l’art et de la manière que des mots pour le dire, mais nous ne rirons pas à gorge déployée.
Le cours magistral sur la télévision que nous apprendrons que ce que l’on voit dans la caméra n’est pas ce que l’on voit dans la réalité. On fera alors les écarts de diaphragme (qualité de la lumière qui vient à notre œil), les valeurs des plans on ne coupe pas une personne à la hauteur des articulations mais au milieux des membres), la règle des tiers (16/9, 4/3, la caméra avec ses focales (courte et longue) et ses quatre mouvements (travelling, panoramique, zoom et transtrav), la profondeur de champ, la loi des 30° et des 180°, les températures des couleurs, le reportage et ses illustration-interview-ambiance, etc.
On nous conseillera de faire pour chaque action, trois plans, 3 valeurs et 3 axes, sans oublier de faire la mise au point lumière, fixer la caméra et un plan fixe d’au moins 10 secondes. Passée la théorie, nous passons à l’action en allant faire notre reportage, caméras individuelles en main, sur le pont des arts, qui par rapport au tourisme, qui à son architecture.
Bien que la pluie s’invite à notre arrivée sur cette passerelle des Arts, alors que nous n’avons pas prévu de parapluie ni pour nous protéger, ni pour couvrir nos caméras, ne céderons de notre volonté de faire coûte que coûte, cet exercice pratique qui est le premier pour nombre d’entre nous, moi en tête.
Il est vrai que nos deux formateurs nous rejoindrons trépied sous les bras. Prises de plans, d’ambiance sur et sous le pont, interview avec des touristes, nous mitraillons tout avec nos caméras, y compris les cadenas d’amours qui peuplent les rambardes du pont. Des cadenas d’amours sur lesquels des amoureux, venus des quatre coins du monde, ont gravé leurs noms avant d’en jeter les clés dans les eaux de la Seine, non sans oublier de déclarer, chacun, sa flamme à l’élue de son cœur, lui prêter des serments éternels, l’étreindre et l’embrasser avant de partir.
Certes, nombreux sont les ponts en France. Mais le plus célèbre d’entre eux, reste sans doute ce pont des Arts ou «pont des amoureux» qui traverse la Seine et relie le Louvre à l’Institut de France. Ici, touristes, autochtones, peintres, photographes et artistes se confondent et se fondent dans la masse. Un véritable boat people ou un melting-pot où les uns et les autres viennent, qui pour admirer l’architecture du pont. Qui pour flâner, lire un livre, profiter de son temps de loisir, jouer un air de musique ou invoquer les Muses.
Nous reviendrons au CFP vers 18H et quelques poussières. Ce n’est que le lendemain que nous les visionnerons avec nos formateurs lesquels s’en donneront à cœur joie au décorticage de ce travail sur le terrain. Un carnage pour moi.
Les rushes (les films bruts) seront conservés pour le formateur suivant, en charge du montage vidéo (Abdelali Ragad, un algérien, journaliste à France 24), que nous découvrirons dans l’après-midi et avec lequel nous auront à poursuivre la dernière semaine de notre formation multimédia au CFPJ.
(A suivre ...)
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