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mercredi 27 juillet 2011

MA CHRONIQUE PARISIENNE (8ème Partie)

Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
8ème Partie
Mon flop, quant à lui, me tombera sur la tête quatre jours plus tard, plus exactement au deuxième cours de Marianne Rigaux, notre prof de diaporama sonore. Non seulement, notre jeune professeur de 25 ans, nous séduira tout de suite le premier jour en nous disant que le diapo sonore est le bon moyen d’accompagner un texte, mais qu’il est considéré comme plus fin et plus artistique qu’une vidéo (un texte, un bout de son, un texte, un diapo ...).

Et comme j’étais impressionné par ce que nous apprenons sur la photo (paramètres de vitesse et d’ouverture définissant la photo, paysage, portrait, plan en pied, en taille, coupé sous la poitrine, sous le menton, plan serré, très serré), j’avais hâte d’aller sur le terrain prendre des images.

Tout s’était tellement bien passé ce premier jour, que j’étais déterminé à faire mieux la prochaine fois. J’avais oublié le vieil adage : «ce n’est pas toujours dimanche». La prof nous remet Edirol et appareil photo pour faire des reportages individuels dans des lieux au choix. Je demande à faire le reportage le plus difficile, celui de la place des Halles.

L’exercice consistait à prendre des photos sur divers plans de la place des Halles et de trouver quelqu’un qui fasse un commentaire sur le lieu et les raisons de sa fréquentation du lieu. Je tombe d’abord sur un indonésien en train de manger un sandwich. Il accepte volontiers de me servir de cobaye et même de me laisser le photographier en mangeant et buvant.

Le malheur était que l’enregistrement de sa voix ne me réussit pas. Alors, je déniche un agent de la Mairie de Paris qui m’explique tout sur la place des Halles mais refuse de se faire enregistrer la voix et d’être photographié. Ce qui est synonyme de temps perdu, les informations ne pouvant être utilisées pour le diapo du reportage. Je me rabattrais sur un visiteur venu prendre du plaisir en lisant un livre. Il accepte de me donner sa voix. J’enregistre et m’en vais tout heureux d’avoir un son à coller aux images.

Je rentre au CFPJ aux alentours de 14H. La prof était là. Elle m’encourage à commencer par «Audacity» pour exporter le son avant de choisir les 15 images qui présentent le mieux la place des Halles. Plus d’heure après mon arrivée, j’avais bien de la peine à «mettre au propre» la voix de mon seul interviewé dont l’élément ne doit pas dépasser 1mn30. J’en sors moins d’une minute de son et appelle Marianne pour valider. Elle écoute religieusement le son fini, puis l’original. Sans m’adresser la parole, elle demande à Nabila de venir écouter le bout de son que j’ai réalisé. Nabila me dit que ma voix est dans l’enregistrement avec celle de l’interviewé. C’est ce qu’attendait la prof pour se défouler sur moi. «Tu ne le laisses même pas parler. On entend que toi …».

Tombé des nus, je demande quoi faire. Elle me suggère d’écrire un court texte sur la place des Halles que je connais désormais bien et de m’enregistrer pour en faire le bout de son. «C’est la seule solution. Ce n’est pas ce que j’ai demandé mais c’est un style tout à fait bon et qui se fait très souvent pour le diaporama sonore. Sinon c’est raté.» Je résiste à la charge et dis: «je repars sur la place des Halles faire de la voix avec quelqu’un d’autre». «On a encore une heure avant la descente et si tu vas y aller, ce sera limite, limite.» Je prends mon Edirol et retourne la place des Halles où je déniche un cinéaste qui lit un livre, puis trois visiteurs (deux hommes et une femme). Tous me donnent du son et je rebrousse chemin en écoutant les conversations.

Quelqu’un crie «Monsieur Khattatt ! Monsieur Khattatt !» Je lève la tête. C’est Dominique Dislaire, la responsable pédagogique du CFPJ, arborant des grosses lunettes rouges et esquissant un beau sourire. Je ne peux m’empêcher de, rapidement, remarquer sa beauté, mais ne le lui dis pas préférant faire le martyr et chercher une consolation bien qu’elle soit ce jour-là en vacances. Je me plains: «Je suis en reportage pour la deuxième fois de la journée. Marianne m’a tiré les oreilles pour un enregistrement-son raté.» Elle rit et mord à l’hameçon: «Oui, mais tu apprends ! C’est bien. Je serai parmi vous demain.»

De retour au CFPJ, Marianne se met à la tâche avec moi pour faire l’Audacity, me félicite pour la qualité du nouveau son. Puis je fais le tri de mes photos, le diapo sonore et la boucle est enfin bouclée.
(A suivre …)

mardi 26 juillet 2011

MA CHRONIQUE PARISIENNE (7ème Partie)

Par Mohamed Ould Khattatt (mmmkhattatt@hotmail.com)
7ème partie
La fin de notre première semaine de formation au CFPJ coïncidait, pour moi, avec un workpress de Magharebia à Porte de Clichy, programmé depuis plusieurs mois, pour le vendredi 8 et samedi 9 juillet 2011. Le jeudi soir j’appelle Soumia, ma cheftaine à Magharebia pour lui faire comprendre qu’il me sera impossible d’être parmi le groupe avant 13H et seulement pour une demie heure, mais que je serai avec eux tout le samedi.

Elle tente de me forcer la main pour venir à 8H, quitte à repartir à 9H, sous prétexte que Foily, Bakari, Jemal sont absents et que seul Mohamed Ould Khayar est là. Mais je lui dis que je ne peux pas jouer avec le feu. Elle insiste. Je résiste. Pourtant j’avais déjà soufflé à l’oreille de Dominique que je dois être à un rendez-vous très, très important pour moi, le samedi matin 8 juillet. Elle m’avait alors déconseillé de sécher un cours non sans me suggérer de voir avec mon formateur du jour, si ce n’est pas pour un long moment.

Fort heureusement, j’avais Mila Rivault ce 8 juillet. Certes, son module («Créer un blog») qu’elle nous enseignait n’était pas du genre à rater, surtout pour moi qui m’y passionnais. Je lui explique alors que je dois aller à la Porte de Clichy à la pause déjeuner et que si je peux être libre à 12H au lieu de 12H30, ce serait bien gentil à elle. L’ambiance bon enfant qui régnait en classe m’était si favorable que Mila finira la première partie de la journée un peu avant 12H30.

La course contre la montre pouvait commencer alors pour moi. Je me faufile entre la rue d’Aboukir et celle de la Banque pour me retrouver au métro de la Bourse où je prends la ligne 3, direction Pont de Levallois-Becon jusqu’à Saint-Lazare.

Là, je change de correspondance pour emprunter la ligne 13, direction Asnieres-Gennevilliers Les Courtilles jusqu’à Porte de Clichy. Le tout me prend 23 mn au chrono de la Ratp. J’en ferai bien plus entre la Porte de Clichy et l’hôtel Ibis où je dois retrouver mes amis de Magharebia, mais j’y réussi. Tout le monde, contributeurs et responsables, étaient à table entrain de manger.

A ma vue, ce sera le tollé général d’une joie indescriptible, exprimée par mes amis marocains, algériens, tunisiens et mauritanien. Soumia vient m’enlacer, me serrer fort et me faire la bise. Les salamalecs se suivent avec la même chaleur et j’avance vers les patrons qui ont changé entre temps de patronne depuis notre dernier workshop de Tunis. Soumia m’invite à me joindre à eux pour manger. Je me sers une entrée avant le plat de résistance.

Finie la bouffe je fais signe à Soumia en me levant et elle vient à moi. Je lui dis que je dois me faufiler mais que je reviendrais après 18H. Elle me demande si elle me réserve une chambre d’hôtel au cas où je voudrais dormir et rester avec eux jusqu’à dimanche. Je dis que ce n’est pas nécessaire puisque je suis hébergé ailleurs. Mohamed Ould Khayar m’accompagne pour fumer dehors et j’en profite pour reprendre ma course contre la montre vers le CFPJ. J’y serais à temps.

Samedi étant ma journée de repos hebdomadaire, je serai à l’heure au workpress pour faire la connaissance de la sympathique Rajae dont la voix m’est familière depuis plus d’un an déjà mais que je n’avais jamais vue de mes propres yeux. Toute une histoire. Et une belle !

Côté CFPJ, notre deuxième semaine de formation connaîtra, pour moi, un top et un flop. Le top sera avec Eric, lors de notre cours sur la radio avec l’enregistrement, le commentaire et le direct, sachant que dans quelques années, voire quelques mois, on passera de la radio analogique à la radio numérique (Internet).

L’exercice de ce jour-là était de choisir un sujet que le prof acceptera avant d’aller sur le terrain faire le micro-trottoir avec un Edirol (un dictaphone) et un micro-baladeur et revenir écrire l’article dont les commentaires doivent être enrichis par la voix des interviewés. Le tout durant la pause de 12H30-14H.

Pour une fois, je serai imbattable. Mon sujet sur les 10 millions de points retirés aux usagers de la route étant approuvé, j’en écris le titre et le châpo d’abord et m’en vais chercher des automobilistes pour avoir leurs avis. Sans tarder, je réussis à avoir deux automobilistes qui acceptent volontiers de se confier à moi. Je laisse tomber alors le déjeuner et reviens au CFPJ transcrire les voix que je copie sur mon ordinateur.

Eric, qui nous avait accordé 30mn après la pause pour colmater nos brèches, vient à l’heure pile et demande aux uns et aux autres d’écrire leurs textes et de copier leurs voix sur leurs ordinateurs. J’attends qu’il eût fini de donner ses instructions, pour me lever récupérer mon texte imprimé et le lui remettre en disant fièrement: «Pour moi, c’est déjà fini».

Mes collègues n’en reviennent pas. Eric passe au crible mon papier et y apporte une ou deux remarques sans le toucher dans le fond. Tout juste, me suggérera-t-il un meilleur choix des intertitres. Et comme pour aller plus vite avec moi, il m’initie, pendant que les autres se tordent les cous à finir vite, à «Audacity», le logiciel grâce auquel on importe les voix, les sélectionne, traite, corrige, entrecoupe, supprime et met en WAV pour en faire des pastilles enrichissant le texte.
(A suivre …)

MA CHRONIQUE PARISIENNE (6ème Partie)

Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
6ème Partie

Depuis notre tour à Château Rouge où nous avons fait le plein de viande Halal chez une boucherie tenue, à la bouche du métro, par des maghrébins, nous n’avons cessé d’y revenir ou d’aller à Barbès, juste après nos cours, comme pour nous retrouver dans un climat non seulement bien africain mais aussi bien de notre «marché tieb-tiaba» nouakchottois.

Dans l’un comme dans l’autre de ces quartiers, c’est à un public africain et maghrébin que nous nous frottons. Qui nous proposant un grand plat de riz garni d’un demi poulet et d’une salade pour deux à 7 Euros contre un petit plat de riz garni d’une cuisse de poulet pour une personne à 7 Euros à Montparnasse. Qui nous proposant une puce téléphonique à 5 Euro au lieu de 15 Euro à Montparnasse, deux paquets de Marlboro à 5 euros au lieu de 1 paquet à 5,90 Euros à Montparnasse, un décodage de téléphone à 5 Euros à Barbès au lieu de 100 Euros chez le revendeur ou 20 Euros chez une boutique de décodage à Montparnasse, des chaussures à 49,90 Euros en seconde démarque à Montparnasse contre 30 ou 20 Euros à Barbès, et la liste est longue. Des prix à donner le vertige ici, d’autres à faire rêver par là. Mais attention à la qualité qui fait différence.

Avant de roupiller, cette nuit de samedi à dimanche, je zappe car l’actualité, marquée ces jours-ci encore par le défilé du 14 juillet et les empoignades politiques qui l’on suivi, le Tour de France et ses 12 millions de fans, les vacances avec leurs 300 km de bouchons et un pic de circulation qui a été atteint, samedi dernier, 515 kilomètres de ralentissements, dont 130 en Rhône-Alpes. Et c’est bien la guerre des mots des politiques qui l’emporte.

En effet, le Premier ministre François Fillon vient de s’en prendre à la bi-nationalité de Mme Eva Joly, une ex-magistrate franco-norvégienne à peine intronisée candidate d’Europe Ecologie-Les Verts pour la présidentielle française de 2012 parce qu’elle a proposé de supprimer le défilé militaire du 14 juillet et de le remplacer par «un défilé citoyen».

Fillon qui était à Abidjan s’exprima ainsi: «Je pense que cette dame n'a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française». Une phrase qui indigne à Gauche et qui embarrasse, un peu, à Droite. Sans tarder, la candidate écologiste riposte: «Moi je ne descends pas de mon drakkar ! Ca fait cinquante ans que je vis en France et donc je suis Française», qui ajoute avoir, vu son âge (67 ans), «vécu en France sûrement plus longtemps que lui.»

Et comme la maladresse du Premier ministre a relancé le débat de l’intégration, la Gauche n’hésite pas à faire bloc derrière Eva Joly. Des propos inadmissibles et honteux pour Martine Aubry, qui déclare: «C’est une honte quand on est Premier ministre de faire une distinction entre les Français qui sont nés en France et ceux qui n’y seraient pas nés».

Face aux nombreux soutiens, surtout à gauche, obtenus par Eva Joly, la droite ne démord pas. Le député UMP Guy Teissier, président de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale, a taxé la candidate écologiste d’«anti-France». Il l’a accusé de vouloir une «société sans mémoire» et de faire preuve de «naïveté absurde».

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, y voit un mépris «du lien unique construit entre les Français et leur armée» au moment où les soldats français sont engagés en Afghanistan et en Libye.

Ces querelles politiques feront oublier aux français la défaite, la veille du 14 juillet devant les américaines (3-1), de leurs footballeuses (les Bleues, comme ils aiment les aduler), en demi-finale de la coupe du monde féminine.

Pourtant, les Bleues sont dans le dernier carré pour la première fois mais arrivées au pied de la montagne, 13 ans, presque jour pour jour, après le sacre de la bande à Zidane, le rêve de finale s’envole. C’est bien triste mais elles restent des pionnières ! Et elles seront vengées, le dimanche d’après, par les japonaises qui viendront à bout des américaines aux tirs de pénalty et remporteront la coupe.
(A suivre …)

lundi 25 juillet 2011

MA CHRONIQUE PARISIENNE (5ème Partie)

Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)

Finis les cours dans l’après-midi, le retour à la Résidence, au Boulevard du Montparnasse nous plongeait, du moins nos trois ou quatre premiers jours, dans une autre réalité: celle du casse-tête chinois qu’était pour nous la bouffe, car nous n’étions toujours pas organisés en matière de repas.

Non seulement au boulevard Montparnasse manger moins cher coûte déjà cher (entre 7 et 13 euros) alors que nous n’avons qu’une maigre bourse d'à peine 600 euros pour subsister jusqu’au 30 juillet, mais manger «halal» n’est pas au premier coin de rue.

N’eût été les cousins de Kissima qui nous ont tantôt apporté de savoureux plats bien mauritaniens et conseillé de faire un tour à Château rouge pour acheter notre ration de viande, nos sous auraient fondu entre les restos pakistanais, les épiceries U, Dia et autres Monoprix sans compter les centres commerciaux de Lafayette et de TATI, à Barbès.

Depuis lors, Eddou se charge de la cuisine et lorsqu’il fait sa grosse tête de jeune garçon de 25 ans -et c’est normal à son âge- c’est Kissima qui s’en charge avec brio, propreté et bonne volonté. Le pauvre Khattatt que je suis apprendra de ce dernier à faire une omelette. Un soir de grande faim, j'épuiserai mon crédit téléphonique en appelant Madame à Nouakchott, pour me dire comment cuire une cuisse de poulet.

Mais après une semaine, cela semble aller comme sur des roulettes, mon ami, Mouka, de son vrai Boubacar Sy, m’apportant des ustensiles de thé complets (thé vert et menthe compris), avant de m’inviter chez lui à Torcy, en banlieue, à quelques 25 km de Paris. Là-bas, Aminata, sa formidable épouse venue du Sénégal, nous improvisera un dîner familial des plus délicieux que j’ai jamais mangé ici, avec salade, poulet rôti, entrée et sortie et boissons à gogo.

Je ne quitterai la maison, un peu tard c’est vrai sous la pluie, qu’après avoir dévoilé, à leur fiston de 5ans, sous les yeux amusés de sa maman, mon jeu d’enfant préféré des deux mains qui se croisent en saisissant l’une le nez et l’autre l’oreille. Mouka me raccompagne à la gare pour prendre le RER jusqu’à Chatelet les Halles où j’embarque dans le métro, ligne 4 pour Montparnasse. Il ne dormira pas sans m’avoir au téléphone pour s’assurer que je suis bien arrivé, malgré un «sms» affirmatif de ma part. C’est cela aussi les amis.

Il avait raison d’abord du souci pour moi, car le retour exigeait de moi, d’emprunter le RER depuis Noisiel jusqu’à Nation ou Chatelet où je prendrai le métro. Et comme je le faisais pour la première fois et à une heure tardive (après 23H30), le risque de m’égarer dans une gare ou une autre n’était pas zéro.

Il m’a fallu d’ailleurs m’accrocher à une jeune informaticienne noire rencontrée à la station de Noisiel en partance pour Saint Germain-en-Laye et qui descendait donc à la Défense, bien après moi. L’ayant entendu à l’arrêt du bus parler wolof avec une autre qui la raccompagnait, j’avais osé, une fois à la gare du RER, l’aborder en wolof pour gagner sa confiance, l’amenant ainsi à esquisser un sourire avant de l’aider, on ne peut plus galamment, à porter son bagage.

Une longue conversation s’engagea entre nous pour tuer le temps. J’en saurai qu’elle est informaticienne, travaille pour l’institut national de recherche en informatique et ne connait que peu de repos, s’efforçant de ne point quitter chez elle le dimanche. Je lui dis que nos métiers se rejoignent, le journalisme ne pouvant se passer de l’Internet et des nouvelles technologies. Elle prend un livre comme pour s’y réfugier puis le remet à sa place et m’interroge sur le CFPJ.

Je survole le sujet pour sortir ma solitude à Montparnasse que j’accuse de respirer la bourgeoisie et l’oisiveté. Elle m’informe que Saint Germain en-Laye est encore plus beau et plus bourgeois. Je réplique que je n’en sais rien mais que j’y viendrai si c’est une invitation. Son sourire dira le reste mais j’étais déjà arrivé à Chatelet, l’arrêt de nation m’ayant échappé. On se quitte sans décliner nos identités. Elle me dit au revoir, je réponds à Dieu. Elle rajoute «on peut toujours se rencontrer». Je concède avec un grand sourire: «c’est vrai, le monde est petit». Puis, je fonds dans la masse.
(A suivre …)

vendredi 22 juillet 2011

MA CHRONIQUE PARISIENNE (4ème Partie)

Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)
4ème partie


Au CFPJ, nous étions cinq journalistes (deux filles et trois garçons) dans cette session de formation Multimédias: deux mauritaniens (Mohamed Ould Khattatt et Mohameden Ould Mohamedou dit Eddou), une marocaine (Nabila Kilani, ex-animatrice de la Star-Ac maghrébine à la beauté dévastatrice comme ça se sent et ça s’entend), une congolaise (Ifrikia Kengue, journaliste free-lance, rieuse et rêveuse) et un burkinabé (Ben Youssouf, un intègre fort bâti qui m’a vite collé le sobriquet de «koro» m’expliquant que c’est comme cela qu’on exprime, chez lui, le respect pour les aînés). Kissima, lui, est dans la formation télé avec plein de monde dont je connais la burundaise Emuline, la libanaise Sana, la moldave Maria et une ou deux autres personnes.

Il faut dire qu’au CFPJ, c’est «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». De même que l’ambiance est vraiment très studieuse avec des profs payés à la tâche, parfois là pour seulement une journée, comme ce fut le cas pour Bruno Anatrella, notre prof de Droit de la presse, du Droit à l’image et du droit de la propriété intellectuelle qui ne finira pas comme il le veut ce dernier module du droit d’auteur.

On comprend mieux ainsi pourquoi ils sont très pointilleux sur les horaires, les cours, les 5-10 minutes de pause café et les 1H30-2H de pause déjeuner. Mais le tout avec le sourire et un style pédagogique bien étudié: on se présente, on se tutoie, on échange, on rigole, on frise l’amitié mais on n’oublie pas que l’heure c’est l’heure.

Au troisième jour de nos études, je n’avais toujours pas encore réussi à me procurer un «Passe Navigo», à 67 euros pour les deux zones 1 et 2 de Paris. «Passe Navigo» qui m’évitera de payer à chaque fois que je veux emprunter bus, métro, RER ou tramway. Je m’arrête à «Les Halles» pour le faire. La caissière me regarde comme éblouie et dit en me tutoyant: «C’est fou ce que tu ressembles à mon beau-père et pour de vrai ! Tu en es le sosie tout craché ! Pour le passe Navigo, c’est vraiment dommage, je n’en ai plus un seul depuis tout de suite, mais vous pouvez en payer à Vavin. Demain, j’en aurai mais je ne sais pas à quelle heure le matin. C’est sûr j’en aurai demain.» Kissima qui a de la suite dans les idées la rassure: «Puisqu’il ressemble à s’y méprendre à ton beau-père, nous reviendrons demain.»

Plus tard, j’apprendrai - de confidence féminine - que c’est une drague à la française. Quoi qu’il en soit, je ne la reverrai pas parce que le lendemain, je m’attarde à faire ce précieux passe Navigo avec Kissima et Eddou en accusant un léger retard d’un quart d’heure. Le prof des «Fondamentaux de l’écriture pour le Web, veille, recherche sur Internet présentation des outils 2.0», M. Eric Connehaye, avec lequel j’étais en phase déjà, n’en fait pas cas, ce troisième cours ayant à peine commencé.

Mais le jour suivant, c’est un départ raté de la Résidence Montparnasse avec Kissima qui nous prend une heure et demie avant d’arriver au CFPJ. Dominique est là, sur les marches d’entrée, le visage fermé et sans nous saluer, entonne : «J’ai failli donner l’alerte, ce genre de retard est inadmissible. Vous ne voyez pas que vous êtes en retard !». J’essaie de placer un mot mais elle ne me laisse pas le temps. Je la fixe du regard sans sourciller et dès qu’elle veut reprendre son souffle, je glisse: c’est parce qu’on est en retard qu’on est là.» Elle prend Kissima avec elle pour le conduire à sa salle alors que j’emprunte l’ascenseur pour le 203 où une charmante femme devait nous enseigner ce jour-là pour la première fois.

Très vite, j’emballerai Mila Rivault, c’est elle ma prof du Module «Créer un blog» pour laquelle je garderai encore une estime et un respect réels. Lorsque Dominique viendra pour lui dire deux mots avant la pause, j’insisterai pour qu’elle sache que je me suis racheté auprès de Mila. Toutes deux semblaient avoir convenu, sans doute comme Nabila et Ifrikia que j’étais un «charmeur-hâbleur-provocateur». Et le poème galant, «Le mot et la chose», de l’abbé Gabriel-Charles de Lattaignant (1697-1779) que j’avais, dès nos premiers jours lu, pendant la pause déjeuner, à mes deux collègues femmes en présence de Ben et Eddou, en insistant sur son côté sommet d’esprit, d’humour et de finesse, avait fait mouche tellement les filles n’avaient pas voulu y voir autre chose qu’une dégradation de la valeur de femme. Ben et moi continuons à défendre le poème de l’abbé et tenter de convaincre Ifrikiya et Nabila de le prendre, sinon au sérieux, du moins dans le bon sens.

Le poème qui commence par: «Madame quel est votre mot, Et sur le mot et sur la chose?», et finit par: «Madame, passez-moi le mot… Et je vous passerai la chose !», fera polémique tant et si bien que Ben se fera du «Passez-moi le mot», son leitmotiv qu’il envoie tel un boulet, à chaque fois que l’occasion se présentait. Mila qui restera deux jours fabuleux avec nous, tombera une fois en plein débat sur le poème et sera invitée à trancher. Pour ce faire, je lui en transmis une copie.

Mariée à un algérien, cette journaliste qui écrit pour plus d’un magazine, anime plus d’un blog, pratique et enseigne le yoga. C’est à elle que nous devons nos blogs. Elle nous prévient: on prédit déjà que dans deux (2) ans, le téléphone portable va supplanter l’ordinateur. Or, aujourd’hui 1,8 milliards d’entrée de blog sont recensés par Google et pour avoir une visibilité sur le Net et se faire connaitre comme professionnel ou avoir une image sur le Net, il faut poster au moins deux à trois billets fois par semaine, mettre des gadgets ...
(A suivre …)

dimanche 17 juillet 2011

MA CHRONIQUE PARISIENNE (1ère, 2ème et 3ème Partie)

Par Mohamed Ould Khattatt (mmkhattatt@hotmail.com)


Première partie

Khattatt à Paris, ce n’est pas une première. Mais Khattatt à Paris, pour une formation sur le journalisme Web au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ -international), 35 rue du Louvre, allez savoir ce que cela lui fait comme bonheur. Et pour un mois ! Et en juillet ! En plein défilé du 14 juillet! Et du Tour de France! Ho là, là, que du rêve !

Voilà, entre nous, qui m’a donné l’envie de prendre le risque (eh oui, c’en est un !) d’écrire des papiers de Paris, sur tout ce qui bouge en plein cœur parisien et que je m’en vais intituler, tout simplement: «Chronique parisienne». Mais rassurez-vous, je ne m’arrêterai pas seulement aux faits et gestes du chic boulevard du Montparnasse (6ème arrondissement) où j’habite, «135, Résidence Egide». Ou au trajet du métro de la ligne 4 «Vavin-Les Halles» que j’emprunte pour regagner le CFPJ, «35, rue du Louvre» au 2ème arrondissement en vue de démarrer, chaque jour, de lundi à vendredi, ma longue journée (9H-17H) de formation dite «Multimédias» pour être, en deux mots, journaliste bi-média.

C'est-à-dire, apprendre à me (nous) familiariser avec les outils multimédias du web: les fondamentaux de l’écriture et de l’écriture web, ceux de l’écriture radio et des sons sur Internet (reportages, témoignages, papiers, analyses, sons d’ambiance, diaporamas sonores, photos sonores, interviews, émissions, audioblogs, streaming, podcast, etc.). Non. Cette chronique parisienne s’intéressera aussi aux choses de la vie et aux quartiers périphériques que j’aurais visités, malgré mon emploi du temps bien chargé.

Ainsi, dès notre arrivée à l’aéroport Roissy Charles De Gaule, très tôt le matin du dimanche 3 juillet, mes deux confrères et compatriotes, Kissima de La Tribune et Eddou, d’El Vejr et moi, avons été accueillis par un chauffeur qui affichait mon nom sur une pancarte. Heureux que nous étions d’être si vite tombés entre de «bonnes mains», car la consigne était que nous ne quittons pas l’aéroport sans passer par le bureau Travelex, sis dans l’enceinte du Charles De Gaule pour récupérer nos indispensables bourses avant d’aller à notre lieu d’hébergement, nous nous mettons à dégager une grande chaleur humaine en saluons d’autres mauritaniens venus dans le cadre d’autres bourses du gouvernement français et étaient, comme nous, accueillis par Egide.

Accompagnés par ce chauffeur, nous nous rendons au bureau de Travelex où nous lui remettons, à sa demande, nos passeports, pressés que nous étions de savoir ce qui nous revenait comme pécule et de pouvoir, enfin, nous rendre à notre résidence, prier le Sobh et dormir. Car le sommeil nous guettait plus que la faim, le vol Nouakchott-Paris de presque 6 heures sans escale, nous ayant volé notre nuit. Aussi le souci d’avoir nos sous pour nous organiser avant le lendemain nous mettait-il la pression davantage puisqu’il s’agissait, pour moi au moins, de vite mettre chaque chose à sa place. Mais tout cela restera un vœu pieu, puisque Travelex finira par nous dire que nos dossiers de boursiers ne lui ont pas été transmis pour pouvoir nous payer. Sur ce, le chauffeur nous débarquer au 135, Boulevard du Montparnasse, se suffisant de s’assurer que quelqu’un était là nous pour nous recevoir, d’autres arrivants l’attendant déjà.

Fatigués, sans nos bourses dont on ignorait toujours le montant «net à percevoir» qui nous revient, mes deux compatriotes et moi entrons enfin au nouveau «chez nous». Ce que nous ne savons pas, c’est que l’on n’était pas au bout de nos peines, en poussant la porte d’entrée de la Résidence Egide, 135, boulevard du Montparnasse où nous sommes attendus depuis la veille sinon avant…
(A suivre ...)

Deuxième partie

A l’accueil de la résidence, un homme à la chevelure longue était assis devant un ordinateur et un standard téléphonique. Un stylo à la main et/ou une souris sous la main, un téléphone dans l’autre, il prenait notre sur un carnet.

Visiblement sympathique et très accueillant, il nous dit qu’il nous attendait, que nous sommes les bienvenus et qu’il répondait au nom de Benoit. Mais sans transition aucune, il précise que nos chambres ne sont pas encore faites par la femme de ménage qui viendra d’un moment à l’autre.

Puis, il nous suggère de laisser nos valises dans la conciergerie et de sortir faire un tour à pied ou prendre un café dans la salle de réunion de la résidence. Nous tentons de le convaincre que la fatigue nous en empêche et que nous souhaitons occuper nos chambres pour nous reposer. Il nous propose alors, avec bon cœur, pour ceux qui n’en peuvent plus de se tenir debout, de nous aménager la grande table de la conciergerie de sorte à pouvoir s’allonger dessus et se reposer en attendant que les chambres soient préparées.

Une consœur burundaise, boursière elle aussi, que nous avons laissée quelques instants plus tôt à l’aéroport, se joint à nous pour grossir le rang. C’est Emuline qu’elle se nomme, venue faire de la télé, comme Kissima qui l’aborde le premier à la différence qu’elle a perçu ses sous au Travelex de l’aéroport. Eddou et moi faisons à notre tour sa connaissance avant qu’elle ne commence à insister vouloir sa chambre pour se reposer, épuisée par près de 24h de vol.

Benoit, notre accueillant, tente de nous rassurer en nous disant que nous ne manquerons pas d’avoir nos bourses demain et que tout ira bien. Nous nous résignons alors à aller chercher quelque chose à manger en attendant que nos chambres soient, fin prêtes.

Une première balade sur le boulevard du Montparnasse dans un sens puis dans un autre qui nous fera prendre la droite dès notre sortie en direction de l’imposante Tour Montparnasse. Une paroisse, un parc vert, des toilettes publiques par-ci, deux ou trois cinémas, des cabines téléphoniques, des restos, des toilettes publiques, des bars américains, russes, beaucoup de commerces par-là. Un monde fou va dans tous les sens. Des motards, des automobilistes et des piétons aux visages fermés, sans le moindre sourire, plutôt méfiants voire stressés et pressés de traverser la rue qu’ils s’arrachent tirant des petites valises à roulettes et/ou pédalant à la vitesse de l’éclair leurs deux roues, s’esquivent sur un trottoir devenu plus étroit par ses commerces, ses restaurants, ses parkings souterrains et ses bouches de métro que d’autres, encore plus pressés, montent ou descendent.

Bref, pour en revenir à notre premier jour à Paris, cela ne s’est pas si mal terminé que cela car au retour de notre balade, quelques pains en mains, Benoit nous dit d’abord que nos chambres ne sont toujours pas prêtes et comme nous protestons sans trop lever la voix, il accepte de nous donner des chambres en attendant l’arrivée de l’employée de ménage. Il nous accompagne pour nous les livrer et nous montrer gentiment comment utiliser nos cartes magnétiques d’accès, valables également pour les portes d'entrée-sortie de la Résidence, la clim, la cuisine, le téléphone, etc.

Nous constaterons avec lui que les lits (en vérité des canapés convertibles) sont défaits et qu’il reste à changer, draps, couvre-lits, oreillers, serviettes. Mais, c’est déjà un studio complet par personne. Au premier étage Kissima, chambre N°13, Eddou au 5ème, chambre 52 et moi au 6ème, et avant dernier étage, chambre 63.

Lundi matin, Dominique Dislaire, une ancienne journaliste de télévision, devenue la responsable pédagogique du CFPJ, vient nous chercher à la Résidence pour faire connaissance et nous ramener au CFPJ. Elle s’étonnera de savoir que nous n’avons pas reçu nos bourses et s’empressera de nous expliquer que cela ne concerne pas le CFPJ mais plutôt Egide.

Dans l’après-midi et alors même que nous étions en plein cours sur les fondamentaux du journalisme Web, elle nous fait l’agréable surprise de nous ramener les documents nécessaires pour récupérer nos bourses non loin du CFPJ, plus exactement au bureau Travelex, sis en face de l’Opéra, à deux pas de l’AFP et de la Bourse de Paris.
(A suivre ...)

Troisième partie

Pour avoir été à New York, cette bougeotte parisienne permanente ne m’impressionnera pas outre mesure même si je me poserais la question de savoir si Paris n’était pas en train de vivre à l’américaine: tout le monde est dehors, tout le monde court après le temps pour le rattraper.

Tant et si bien que la vie de famille, synonyme d’équilibre, de complémentarité et de stabilité, semble presque être passée au second plan, voire n’existe presque plus ou n’est plus un souci pour ces milliers d’hommes et de femmes qui se baladent dans toutes les directions. Ceux qui ont encore quelques fractions de secondes pour exprimer un attachement amoureux, un souci pour leur âme sœur le font, bouche dans la bouche, scotchés l'un contre l'autre, sur le trottoir, dans le métro, sur un escalier roulant, au vu et au su de tout un monde qui fait semblant de ne pas les voir et poursuit son chemin. Et si ailleurs, cela offusque, ici cela rentre dans le domaine de la vie privée et ne concerne pas autrui. Sinon, c’est lui qui serait au mauvais endroit et au mauvais moment.

Paris, c’est aussi ce monde hyper connecté dont la vie est réglée à la minute près dans son mouvement incessant de va et vient. Qui à naviguer sur le Net pour retrouver, sur le site de la Ratp, l’itinéraire le plus rapide du bus, du métro, du RER, du tramway, ou un plan de quartier. Qui à envoyer un texto. Qui à régler une facture. Qui à demander à maman de lui pardonner d’avoir fait faux bond. Qui à prendre un RV. Qui à se soucier pour la météo, etc.

Paris est également un melting-pot qui impressionne, cependant, par le métissage longues files devant les pâtisseries, les boulangeries, par ses publics nombreux debout-assis sifflant leurs verres dans une brasserie, par ses couples, femmes-hommes, hommes-femmes, femmes-femmes, hommes-hommes, mangeant leurs plats chez un restaurateur, par ses passants fumant leurs cigarettes sur le trottoir, par ses clients de toutes les couleurs se bousculant en cette période des soldes dans les centres commerciaux des Galeries Lafayette de la tour du Montparnasse, des H&M, et la liste est longue.

Une semaine plus tard, le journal «le Parisien» titre en manchette du mercredi 13 juillet 2011: «Permis de conduire: 10 millions de points retirés en 2010». Cette statistique publiée par le ministère de l’intérieur français dans son rapport portant sur l’année 2010 est une première dans l’histoire du permis à points qui fêtera bientôt ses 20 ans. C’est du jamais vu en France depuis l’instauration, en juillet 1992, du permis à points qui offre aux automobilistes un capital de 12 points. J’en profiterai personnellement, le même jour au CFPJ, pour prendre le sujet comme exercice de «l’écriture bi-média» pour aller demander aux français, dictaphone et micro baladeur en main, ce qu’ils en pensent.

Bien évidemment les automobilistes se défendent en disant que ce retrait de points, «ce n’est pas toujours justifié et que parfois c’est très sévère parce que ce n’est pas du à un comportement de plus en plus dangereux des usagers de la route». Et de pousser le mécontentement jusqu’à déclarer «qu’il y a aussi une politique où on veut faire de l’argent aussi avec les points pour les stages de récupération, (et que) l’Etat a tout à gagner en étant sévère en mettant des restrictions plus lourdes pour les automobilistes alors qu’en final, il n’y a pas de gens qui conduisent plus mal qu’avant ou plus vite».
(A suivre ...)

samedi 16 juillet 2011

France: 10 millions de points retirés sur les permis de conduire en 2010

Dix millions de points retirés, l’année dernière, aux chauffeurs, automobilistes, conducteurs de poids lourds et autres motards français. C’est du jamais vu en France depuis l’instauration, en juillet 1992, du permis à points qui offre aux automobilistes un capital de 12 points.

Cette statistique publiée par le ministère de l’intérieur français dans son rapport portant sur l’année 2010 est une première dans l’histoire du permis à points qui fêtera bientôt ses 20 ans.
Le constat en dit long sur "le relâchement général" et/ou "la réelle détérioration des comportements des automobilistes français" alors que l’objectif du permis à points était de responsabiliser les conducteurs et d’éviter les récidives.

«C’est pour faire du bénéf»
C’est un «petit» excès de vitesse, un coup de fil au volant, un excès d’alcool au volant. Pourtant, au vu de notre micro-trottoir de ce mercredi 13 juillet, bien des automobilistes se défendent et estiment que ce retrait de point une sanction «parfois c’est très sévère». Tel est du moins l’avis de Charles, un automobiliste interrogé rue d’Aboukir: «Moi je trouve que ce n’est pas toujours justifié et que parfois c’est très sévère parce que ce n’est pas du à un comportement de plus en plus dangereux des usagers de la route. Mais je pense qu’il y a aussi une politique où on veut faire de l’argent aussi avec les points pour les stages de récupération, etc. L’Etat a tout à gagner en étant sévère en mettant des restrictions plus lourdes pour les automobilistes alors qu’on final, il n’y a pas de gens qui conduisent plus mal qu’avant ou plus vite. Je pense que c’est pour faire du bénéf. »

«C’est chacun sa merde»
Plus conciliant mais non moins remonté contre le retrait des points, un autre automobiliste, sans permis celui-là et répondant au pseudonyme de «Moun» nous déclare: «Moi, je dirai que c’est chacun sa merde, chacun traverse quand il veut, grille son feu quand il veut. Bon après, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait de petits cartons. C’est beaucoup trop de perdre 4 points pour la ceinture de sécurité alors que c’est un oubli, ce n’est pas trop grave et que cela te bouffe la moitié de ton permis alors que c’est une ceinture.»
Mohamed Ould Khattatt

Le permis à points:
1 point pour un excès de vitesse de moins de 20 km/h
3 points pour le non-port de la ceinture de sécurité
4 points pour un refus de priorité à droite
4 points (jusqu’à 6) pour les infractions les plus dangereuses (grand excès de vitesse, alcool au volant …).

Les amendes:

Pour récupérer les points perdus, les usagers de la route peuvent soit, suivre un stage de sensibilisation qui coûte entre 200 et 250 euros leur faisant gagner 4 points une fois tous les deux ans.
De même que l’on peut récupérer automatiquement un point perdu dans un délai de six mois si aucune infraction autre n’a été commise et que trois années sans la moindre amende assortie d’un retrait de point, permet de retrouver l’ensemble des points ses 12 points.