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dimanche 1 janvier 2012

POTINS POLITIQUES

Par Mohamed Ould Khattatt
Communauté urbaine de Nouakchott/Autorités publiques: La CUN serait-elle malade de ses succès?

Alors qu’un bras de fer semble inlassablement opposer la Communauté urbaine de Nouakchott tantôt avec les autorités, tantôt avec le Trésor Public, voilà que son président, M. Ahmed Ould Hamza décroche avec l’ambassadeur de France en Mauritanie, M. Hervé Besancenot, hier lundi, au siège de la CUN, un financement d’un montant de 230 millions d’ouguiyas destiné à la mise en place de projets prioritaires concertés d’infrastructures sociales devant aider à relancer le développement socio-économique des communes de Nouakchott. Une signature de convention qui s’est déroulée en présence des représentants des collectivités locales et de l’Agence de coopération française en Mauritanie ainsi que certains maires des communes des Moughataas de Nouakchott.

Poursuivre le partenariat en faveur des populations des différentes communes de la ville
Dans un échange de discours, le président de la CUN indiquera, à cette occasion, l’importance de cette convention qui atteste de la confiance dont jouit la Communauté Urbaine de Nouakchott au près de la France et de la volonté de celle-ci de poursuivre son partenariat avec la CUN en faveur des populations des différentes communes de la ville.
Et M. Ould Hamza de préciser que cet engagement de la coopération française, additionné avec les appuis de la région Ile de France et ceux en provenance de l’Association internationale des maires francophone, place la France au 1er rang des partenaires de la CUN.
Fort de cette reconnaissance et de ces témoignages, l’ambassadeur de France devra, pour sa part, affirmé que par ce projet de gouvernance locale et de cohésion sociale, la France témoigne de son souci de soutenir la diversité des acteurs du développement de la Mauritanie précisant que le secteur associatif et les communes sont parfois mieux armés que l’Etat pour assurer aux populations un service de proximité, efficace et durable.
Voilà qui, de part et d’autre, rassure. Pourtant depuis quelques jours, c’est plutôt du «hold-up» (comme il est déjà qualifié, du Trésor Public pour avoir a débité, fin novembre, le compte de la CUN de plus de 638 millions d’ouguiyas sans autre forme de procès), qu’il est question dans la presse et les salons du Tout-Nouakchott.

Un «hold-up»
Une affaire qui ne cesse de gonfler car d’abord elle s’est produite en l’absence du président de la CUN, ensuite parce qu’elle n’est pas le premier des coups fourrés dont est victime la CUN et enfin parce qu’elle dénoterait d’un arrogance certaine, l’Etat se faisant justice pour puiser dans les fonds de la Communauté urbaine lesquels dépassent les trois (3) milliards d’ouguiyas, gagnés à la sueur d’une gestion rigoureuse et d’une inlassable campagne de mobilisation de fonds menée par le président de la CUN depuis son élection. Pour quoi faire ? Là n’est pas encore le souci, mais plutôt pour quelle raison et pourquoi maintenant ?
Bien évidemment, l’intérimaire du président de la CUN aura beau écrire au gouvernement pour dénoncer un tel acte du Trésorier général et demander la restitution du montant défalqué, le deuxième vice président de la CUN, Dr. Khalil Ould Maouloud affirmant que le gouvernement agit avec la Communauté Urbaine de Nouakchott avec un mépris inexplicable, citant la confiscation des terrains de la CUN à la fourrière et dans l’espace public se situant juste derrière le siège de la municipalité sur de l’avenue Gamal Abdel Nasser, mais rien n’y est fait, le «hold-up» reste inexpliqué. «Il y a des maladies qui ne peuvent pas être traitées, sans qu’il y ait malheureusement une ablation», dira-t-il.

La CUN malade de ses succès
Il est vrai que la CUN, sous son actuel président, M. Ahmed Ould Hamza, a connu des grands succès dont le dernier en date, est la désignation de la ville de Nouakchott, le 25 novembre 2011, à la vice présidence du fonds mondial du développement des villes (FMDV), chargée des relations avec l’Afrique et membre du bureau exécutif de l’Organisation Métropolis qui regroupe plus de 130 villes parmi les plus importantes du monde, devenant du coup, membre des bureaux exécutifs de l’ensemble des instances de la coopération décentralisée. Sans oublier que la Mauritanie se taille la part du lion des projets financés par l’AIMF. Des succès qui en font à présent une victime facile mais qui n’enlèvent rien à une réalité: le président de la CUN qui est en fin de mandat, aura été un bâtisseur et un gestionnaire rigoureux !
Mohamed Ould Khattatt

lundi 24 octobre 2011

RAPT DE COOPERANTS EUROPEENS AU SAHARA

Par Mohamed Ould Khattatt
Enlèvement de coopérants européens dans l’Ouest algérien: Aqmi s’invite aux camps de Tindouf


Cette fois, Aqmi aura frappé là où elle était le moins attendu, en enlevant deux coopérants espagnols et un italien pendant la nuit de samedi à dimanche en plein camps de réfugiés sahraouis, près de Tindouf, aux confins du territoire algérien. Selon les médias espagnols, les coopérants enlevés sont Ainhoa Fernandez de Rincon, originaire d’Extrémadure, dans le sud-ouest de l’Espagne et membre de l’Association des Amis du Peuple sahraoui d’Extrémadure, et Enric Gonyalons, originaire de Majorque aux Baléares, membre de l’Association Mundabat. a troisième est l'Italienne RossellaUrru, selon le communiqué du Front Polisario.

Pourtant, depuis 1998, prises d’otages et attentats rythment la sinistre expansion de l’organisation terroriste Al-Qaïda sur le continent africain sans jamais en arriver aux camps des réfugiés sahraouis, la carte délimitant la zone d’activité directe d’Aqmi dans le Sahel épargnant les sahraouis des camps de Tindouf, très surveillés par les services de sécurité algériens.

Après la Mauritanie, Tindouf
C’est donc une nouveauté qui ne sera pas sans répercussions directes sur le Polisario, dont d’anciens combattants sont accusés de dérive vers le grand banditisme.

Et comme l’enlèvement en Mauritanie en novembre 2009 de trois humanitaires espagnols avait fini par se négocier avec la libération d’un certain Omar Sid’Ahmed Ould Hamma, dit «Omar Sahraoui» et qu’en mai dernier, des affrontements avaient opposé «un réseau de trafiquants maliens à un réseau de trafiquants sahraouis appuyés par des éléments d’Aqmi dont l’un, arrêté, est entre la vie et la mort», le rapprochement ne manquera pas d’être fait: le commanditaire du rapt étant le même (Moktar Bel Moktar alias Belewar, un chef algérien d’AQMI), les victimes étant des coopérants européens dont un responsable d’une ONG espagnole et les ravisseurs semblant connaître parfaitement le terrain pour y venir réussir leur opération et repartir comme si de rien n’était.

«Les ravisseurs, infiltrés à partir du territoire malien, ont attaqué le siège de réception des étrangers dans les camps de réfugiés à l'ouest de Tindouf, utilisant une voiture tout-terrain et des armes à feu (et) les terroristes ont repris le même chemin par lequel ils sont venus avec les otages», aura-t-on appris.

Un peu comme si Aqmi voulait dire aux pays du Sahel et à l’Algérie en particulier où se trouve, depuis un an et demi, un Comité d’Etat-major opérationnel conjoint (CEMOC) entre Algériens, Mauritaniens, Maliens et Nigériens, basé à Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie, qu’elle pouvait se promener sans crainte de long en large dans le territoire algérien, allant jusqu’aux camps des réfugiés sahraouis de Tindouf, exactement comme elle le faisait en Mauritanie en passant par le Mali et/ou le Niger.

Cela est d’autant plus vrai qu’essuyant plusieurs échecs face à l’armée mauritanienne en collaboration avec sa voisine malienne (le dernier échec étant la destruction par deux fois de la base de Wagadou et la mort de plusieurs de ses combattants de premier rang), Aqmi semble chercher à faire un contrecoup en s’investissant le plus en Algérie (attaque de l’académie de Cherchell, prise d’otages à Tindouf, etc.).

Un contrecoup
Bien évidemment, le Front Polisario s’est empressé d’accuser Aqmi d’être responsable de l’enlèvement des trois coopérants européens mais il restera à l’Algérie de comprendre comment cela a-t-il pu se passer ainsi, elle dont le territoire a servi de terrain d’action, sachant que ce pays tient le leadership de la lutte contre Aqmi alors que cet enlèvement repose la problématique de la sécurité au Sahel et survient au moment où des rumeurs persistantes continuent de circuler faisant état de la récupération, par des combattants d’AQMI d’armes lourdes utilisées en Libye, sans oublier le retour de milliers de travailleurs migrants, de mercenaires dans une région déjà otage du terrorisme et de la contrebande.

Comme quoi, c’est à un véritable défi sécuritaire que font désormais face l’ensemble des pays du Sahel qui se doivent de prendre conscience collectivement des divers risques potentiels dans la région.
Mohamed Ould Khattatt

Les émirs d’Aqmi:
Parmi les chefs de l'Aqmi, on retrouve des terroristes qui s'étaient déjà distingués au sein de son ancêtre, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Abdelmalek Droukdel
Né en 1970 près d’Alger, ingénieur de formation, Abou Moussab Abdel¬wadoud – son nom de guerre – est un ancien des GIA. Artisan de l’allégeance du GSPC à Ben Laden, il fait figure d’émir en chef d’Aqmi.

Abdelhamid Abou Zeid
Algérien, la cinquantaine, l'ancien lieutenant d'Abderrazak el-Para (numéro deux du GSPC), règne sur une katiba réputée féroce. Il a néanmoins accepté la libération de Pierre Camatte, moyennant l'élargissement de quatre combattants.

Mokhtar Belmokhtar
Né à Ghardaïa (Algérie) en 1972, «le Borgne» est l'ancien émir du GSPC pour la zone Sahara-Sahel. Marié à une Touarègue, il est plus enclin à la négociation que son rival Abou Zeid. C'est toutefois lui qui a commandité l'attaque de Lemgheity en 2005.

Abdelkrim
Surnommé Taleb, cet ancien imam de Khalil (Mali), serait le dernier né des chefs d'Aqmi. Touareg, de nationalité malienne, il est l'un des rares émirs non algériens. Il règne sur un groupe de 60 hommes.

jeudi 20 octobre 2011

POTINS POLITIQUES

Par Mohamed Ould Khattatt
Clôture du dialogue politique: Un accord historique !


Un mois jour pour jour après le lancement du Dialogue national, les deux pôles politiques (la majorité présidentielle consolidée et les Partis de l’Opposition) ont signé, mercredi 19 Octobre aux alentours de 17H45mn, en présence du Président de la République, au Palais des Congrès de Nouakchott.

La cérémonie de clôture de ce dialogue politique national a été marquée également par la présence des présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale, du Premier Ministre, des membres du gouvernement, des parties ayant conduit ce dialogue, ainsi que des hautes personnalités de l’Etat, des représentants des partis politiques, des membres du corps diplomatique accrédités à Nouakchott, des représentants des organisations internationales, des parlementaires et un parterre impressionnant de personnalités politiques et médiatiques.

Une lecture en arabe puis en français du document final portant sur les points ayant l’objet de consensus sera faite, respectivement, par Mohamed Mahmoud Ould Jaâfar, Secrétaire exécutif chargé des affaires politiques de l’UPR, (parti au pouvoir) et Ladji Traoré, Secrétaire général de l’APP (opposition).

Plusieurs points à l’avantage de l’opposition démocratique
On en retiendra, outre la création d’une commission qui sera chargée du suivi de l’application des résultats de ce dialogue, que la Constitution sera amendée pour reconnaître dans son préambule la diversité culturelle, le droit à la différence et le rejet explicite de l’esclavage, les deux parties convenant ainsi de raffermir l’unité nationale en œuvrant pour le bien-être des couches défavorisées.

Ainsi, la constitution proclamera dans son préambule le droit à la différence et du respect de la richesse de la cultures arabe, soninké pular et wolof du peuple mauritanien confirmera l’arabe comme langue nationale du pays et illustrera, expressément, dans l’un de ses articles, l’esclavage, la torture et toute autre forme de traitement dégradant et humiliant. De même que la langue officielle est l’arabe et que les langues nationales n’en seront pas moins considérées et développées.

Le document final de ce dialogue précisera aussi que le statut de l’opposition démocratique sera maintenu mais que le chef de celle-ci doit être un élu (maire, député, sénateur). Un véritable coup de poignard dans le dos pour l’actuel chef de file de l’opposition, M. Ahmed Ould Daddah qui n’a jamais accepté de se porter candidat pour un poste autre que celui de président de la République !

Mais l’opposition se fera justice en exigeant et obtenant dans ces négociations avec le Pouvoir que le Premier Ministre, dont les pouvoirs sont renforcés et l’équipe responsable devant le Parlement, présentera le programme de son gouvernement un mois après sa désignation devant les Parlementaires lesquels, auront la latitude de l’approuver ou de le rejeter et de lui apposer une motion de retrait de confiance.

Aussi s’offrira-t-elle une CENI (commission électorale nationale indépendante) permanente, chargée de toutes les élections sur le territoire national et qui dispose de tous les pouvoirs, composée de 7 membres appelés les «sages» désignés, à part égale, par l’opposition et la majorité, sans oublier que le budget de cette CENI est voté par l’Assemblée nationale.

L’opposition démocratique réussira aussi à soumettre la nomination des directeurs généraux de la radio et de la télévision d’Etat à un vote simple par la HAPA dont le tiers des membres lui reviendra.

Autre point gagné par l’opposition, l’interdiction des candidatures indépendantes pour les législatives et le tacle des élus qui oseraient faire de la transhumance politique en leur faisant perdre automatiquement leur siège au profit du parti par lequel ils ont été élus. Cependant, la majorité a réussi a conservé pour son élu nommé ministre son fauteuil une fois qu’il n’est plus ministre, le document final de cet accord convenant que le parlementaire nommé ministre retrouve son siège dès qu’il quitte son ministère !

Les femmes à l’honneur
Par ailleurs, les deux parties du dialogue ont convenu d’adopter la proportionnelle et de maintenir le quota des femmes en plus d’une liste nationale exclusive pour elles, leur permettant d’obtenir 20 sièges au parlement. La liste régionale de Nouakchott est quant à elle de 18, tout comme la liste nationale.

L’opposition démocratique arrivera à imposer une modification dans la désignation des neuf (9) membres du Conseil Constitutionnel dont, désormais, 4 sont nommés par le président de la république, 3 par le président de l’Assemblée Nationale et 2 par le président du Sénat.

Au sujet des financements des partis politiques, la subvention sera accordée à égalité à 40% pour ceux qui obtiendront 1% et 60% au prorata des voix obtenues et versée en 2 tranches semestrielles. Les frais dépensés seront quant à eux remboursés à tout candidat à la présidentielle qui fera un score de 5% ou plus. Toute formation politique qui n’obtiendra pas, à deux participations aux élections municipales, plus de 1% aura son autorisation retirée.

A propos de l’armée, le texte indiquera que l’existence d’une armée républicaine constitue un gage pour une alternance pacifique au pouvoir et interdira la participation politique à celle-ci tout en maintenant le vote des militaires. Les changements anti constitutionnels (coup d’Etat) seront criminalisés, exceptés ceux antérieurs à la date de la signature de cet accord entre les deux parties au dialogue.

Sur la bonne gouvernance, l’indépendance de la justice, l’alternance pacifique au pouvoir, les deux pôles politiques s’accorderont aussi et se féliciteront du climat dans lequel s’est déroulé le dialogue dont «les résultats constituent une avancée de la démocratie dans notre pays», dira le communiqué qui a été signé, pour la majorité consolidée par Ahmed Ould Bahia et pour les partis de l’opposition démocratique par Boidiel Ould Houmeid. Ainsi, en matière de reforme de la justice, il sera procédé à une reforme judicaire et la révision du conseil supérieur de la magistrature.

Enfin, pour la mise en œuvre de l’accord politique, une campagne d’explication de celui-ci sera lancée à partir du 22 octobre courant.

Le président Aziz salue son Mouvement rectificatif du 6 août
Prenant la parole à la fin de la cérémonie de clôture de ce dialogue, le président de la république, Mohamed Ould Abdel Aziz déclarera que «les pouvoirs publics actuels ont la ferme volonté et la conviction profonde que les vertus du dialogue et ses principes ainsi que les autres valeurs démocratiques constituent la pierre angulaire de toute action efficiente de développement» et que «la preuve en est fournie par les invitations sincères au dialogue adressées à maintes occasions aux protagonistes de la scène politique pour s’asseoir autour d’une table de discussion et aborder les thèmes à fixer par consensus, sans aucun tabou».

Mais là où le président Aziz a réussi son coup, c’est quand il salue son mouvement rectificatif du 6 août : «La réforme de l'Etat et de la société exige la mobilisation des énergies nationales à travers la garantie d'un large consensus autour des problèmes majeurs de développement. C'est en vue de réaliser ce noble objectif que le changement du 03 Août 2005 a été opéré. Les pouvoirs publics d'alors avaient entrepris des efforts soutenus pour jeter les bases saines d'une Mauritanie nouvelle, fondée sur la démocratie, la justice et l'égalité, une Mauritanie capable de relever les défis de l’accumulation négative de décennies d’insouciance au sujet de l’unité nationale, de gabegie systématique et de dégradation de la qualité de la gouvernance publique en général. Mais, en dépit de la réalisation de certains acquis d’importance en matière de démocratisation et de renforcement des libertés individuelles et collectives, la situation n’a pas tardé à se détériorer ; ce qui a porté préjudice au bon fonctionnement des institutions et brandi la menace d’un retour du pays à l’échec et à ses corollaires préjudiciables à l’effort de développement et à la tranquillité des citoyens.
C’est alors qu’est intervenu le changement du 06 Août 2008 pour redresser les dysfonctionnements et éloigner le péril qui guettait sur le pays.»

Tout donc aura été dit mais l’essentiel restera que le Pouvoir et l’Opposition, du moins celle qui a voulu aller au dialogue, ont réussi à s’entendre même si cela a demandé 30 jours.

Car ce n’était pas gagné d’avance et les reports de cette cérémonie de clôture dénotent des «sérieuses secousses» entraînées par des divergences certaines. C’est maintenant la fin de ce dialogue Pouvoir/Opposition auquel bien des poids lourds de la scène politique nationale ont brillé par leur absence et le package des points d’accord aura surpris plus d’un car c’est à un véritable changement de la vie politique du pays et de la conception de celle-ci que nous assistons.

Reste à savoir si les grandes orientations qui en ont découlé permettront de convaincre les autres opposants à rattraper le train en marche.

Mohamed Ould Khattatt, Nouakchott Info n°2340
mmkhattatt@hotmail.com

lundi 10 octobre 2011

POTINS POLITIQUES

Par mohamed Ould Khattat

Les Commissions du Dialogue national remettent leurs copies:
Peu d’accords, trop de désaccords


Après trois semaines de travaux intenses, les commissions techniques du Dialogue National, ont passé en revue les onze (11) points retenus à l’ordre du jour de celui-ci depuis son premier jour de lancement.

Ainsi, ces commissions ont épuisé tous les dossiers avant de remettre avant-hier, samedi, leurs rapports à la direction conjointe du Dialogue National, représentée par le ministre d’Etat Ahmed Ould Bahiya représentant la Majorité et Boïdiel Ould Houmeid, président du parti El Wiam représentant de l’Opposition.

Le hic est que ce rapport des commissions techniques fait ressortir avec force de grandes divergences qui persistent encore et qui risquent de tout faire tomber à l’eau.

En effet, parmi ces divergences de poids figurent les amendements souhaités à la Constitution, le Code électoral, les Candidatures indépendantes (dont le rejet est fortement contesté par l’UPR), la Transhumance politique, la place de l’Armée dans le système démocratique, la Lutte contre le terrorisme (et les conditions nécessaires pour le déploiement des forces armées hors des frontières du pays), la Proportionnelle et le Financement des partis politiques, l’Institution de l’Opposition, les Listes nationales (augmentation du quota de 20%, déjà institué).

Des fortes divergences persistent

Au sujet des amendements souhaités à la Constitution, les participants, autant de l’opposition que de la majorité (excepté l’UPR), ont convenu, entre autres, de réduire les pouvoirs du président de la République au profit du Premier Ministre et du Parlement.

Quant au Code électoral, les participants ont préconisé la création d’une agence spécialisée dans la supervision des élections.

Sur les questions des Candidatures indépendantes et de la Transhumance politique, seul le parti au Pouvoir, l’UPR rejettera fortement leur interdiction alors que les autres partis politiques souhaitent que le fauteuil occupé par un élu reste la propriété du parti et revienne au suppléant de celui qui décidé de retourner sa veste.

L’UPR a également rejeté tout bouleversement de la structure de l’armée bien que plusieurs voix dans ce dialogue s’étaient levées pour demander une redéfinition de la place de l’Armée dans le système démocratique et que des corps soient la tutelle de certains ministères comme la gendarmerie à la Justice, la garde à l’Intérieur …

L’unanimité sera autour de la question de la lutte contre le terrorisme, non sans évoquer les conditions nécessaires pour le déploiement des forces armées hors des frontières du pays.

L’UPR s’opposera aussi à l’augmentation de l’enveloppe consacrée au financement des partis. Les deux parties, Pouvoir et Opposition tomberont d’accord sur le principe de la Proportionnelle.

Une unanimité se dégagera également sur le maintien de l’Institution de l’Opposition qui gardera cette appellation.

De même que la Liste nationale sera reconduite et se verra renforcée par une liste nationale au niveau du parlement, exclusivement réservée aux femmes qui leur permette de réaliser leur quota de 20% déjà institué).

Voilà donc où en sont arrivées les commissions techniques après trois semaines de travaux intenses, le dernier mot devant revenir au Comité de soutien conformément aux mécanismes de gestion de ce dialogue.

Pourtant nombre d’observateurs estiment que ces divergences constituent une menace sérieuse pour la réussite et même l’avenir du Dialogue National que le Pouvoir et l’Opposition ont mis du temps à mettre en place et que les deux parties n’auront pas intérêt à finir en queue de poisson.

Cela est d’autant plus vrai que l’issue de ce dialogue reste déterminante aussi bien pour la recomposition du paysage politique que pour tourner définitivement la page des monologues et des accusations sur la gestion unilatérale des affaires du pays par un Pouvoir dont la légitimité fut longtemps contestée.

Reste à savoir si le président Mohamed Ould Abdel Aziz se dépensera pour rapprocher les points de vue des uns et des autres.
Mohamed Ould Khattatt

POTINS POLITIQUES

Par Mohamed Ould Khattatt

Evénements de Maghama: Le recensement est certes une nécessité, mais la cohésion en est une autre plus indispensable

Pour la première fois depuis le début des manifestations du mouvement «Touche pas ma nationalité» revendiquant «l’arrêt du recensement en cours, jugé «raciste et discriminatoire» par une frange de la population, un homme a été tué par balle et plusieurs personnes ont été blessées, hier mardi à Maghama dans le sud du pays.

Des manifestations à Maghama qui prenaient le relais des protestations contre ce recensement qui s’étaient déroulées sur trois jours à Kaédi (de samedi à lundi), marquées par des échauffourées entre manifestants et policiers, le saccage et le pillage d’édifices publics et de commerces, mais, fort heureusement, sans dégâts corporels.

D’où la gravité de ce qui vient de se passer à Maghama, car c’est bien pour la première fois qu’un manifestant laisse la vie dans une telle situation. Ce qui est un précédent dangereux que cela soit une erreur de manipulation d’armes, une légitime défense ou autre chose.

Surtout que «les autorités ont promis de libérer le même jour (mardi 27/09/11, ndlr) dans l’après-midi, la trentaine de détenus arrêtés durant les évènements des trois derniers jours de Kaédi». Ce qui avaient, d’ailleurs incité les manifestants à marquer une trêve».

C’est dire que les évènements de Maghama sont véritablement mal venus et très regrettables. Certes, il est encore difficile de se faire une idée, tellement les informations qui viennent au compte goutte sont confuses, même si, selon des sources sur place, les manifestants avaient commencé par incendier les bureaux de l’Etat Civil «chargés du recensement» et objet de toute la colère, avant de «marcher sur les locaux de la brigade de la Gendarmerie de la ville dont les éléments, en petit nombre, se sont sentis menacés et ont tiré en l’air, puis sur la foule».

Mais une source sécuritaire que nous avons contactée réfute cette version en mettant tout cela sur le compte d’une erreur de manipulation d’arme. Une chose est sûre, les violences ont fait plusieurs blessés, selon des sources hospitalières qui n’étaient pas en mesure de préciser leur nombre.

Nous dirons même un peu plus: ce qui s’est réellement passé ne sera pas connu de sitôt. Mais là n’est pas le plus important. Le plus urgent serait que tout le monde prenne le temps de réfléchir pour éviter toute dérive dangereuse pour l’unité du pays.

Les autorités du pays doivent réagir le plus rapidement pour éviter les incompréhensions. Il est clair pour tout le monde que le recensement lancé en mai dernier ne convient pas à un pan entier et important de la population et, pour cela, il convient de prendre en considération une telle contestation, qui est somme toute compréhensible.

La Mauritanie mérite bien plus que cela et la paix et la quiétude sont des biens trop précieux.

Le limogeage du Directeur Régionale de la Sûreté du Grogol est sans aucun doute un geste d’assouplissement de la part Pouvoir qui dénote de leur volonté de calmer le jeu et de vouloir acheter la paix sociale. Mais, ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Le recensement est certes une nécessité, mais la cohésion en est une autre bien plus indispensable pour la pérennité de notre pays.
Mohamed Ould Khattatt

mercredi 14 septembre 2011

POTINS POLITIQUES

Par Mohamed Ould Khattatt
Nos hommes politiques et la politique du ventre

Le lancement du dialogue politique national inclusif est, semble-t-il, bien parti pour le 17 septembre courant avec une ouverture solennelle du président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, alors que c’était jusque là le Premier ministre qui négociait directement avec l’Opposition.

En Mauritanie, plus qu’ailleurs en Afrique, tout le monde vit de la politique, fait de la politique, se passionne pour la politique, car c’est l’art de manger, avec trop de bouches autour de la tétine mais ce sont quelques uns seulement qui tètent effectivement et çà les leaders de l’opposition le savent pertinemment. Si bien qu’ils se radicalisent contre le pouvoir parce qu’ils veulent manger à sa place.

L’on comprend mieux ainsi pourquoi, certaines figures emblématiques de l’opposition mauritanienne retournent aisément leur veste (Messaoud Ould Boulkheir qui se soumet aux opportunités pour survivre comme lors du deuxième tour de la présidentielle de mars 2007 et aujourd’hui en quittant la COD pour prôner le dialogue avec le Pouvoir en prévision des prochaines élections législatives en vue de conserver son fauteuil de président de l’assemblée nationale).

Ou mettent la barre très haute pour avoir plus (Ahmed Ould Daddah, Mohamed Ould Maouloud qui sont plus intelligents et plus habiles parce qu’ils veulent participer par procuration en permettant à d’autres d’entrer dans le circuit en les nommant et faire profiter un plus grand nombre de leurs entourages politiques, ethniques, etc.).

Ainsi, les opposants qui donnent l’impression d’être plus durs, plus radicaux, ne veulent pas forcément «le tout ou rien», mais ils montrent qu’ils ne veulent pas rester affamés et qu’ils sont simplement pressés de manger.

Il faut espérer que ce dialogue politique national inclusif qui a tardé à venir soit une occasion pour échapper à cette donne malheureusement répandue chez nous et en Afrique. Amen.
Mohamed Ould Khattatt

vendredi 2 septembre 2011

POTINS POLITIQUES

Par Mohamed Ould Khattatt
Le “réseau” finira bien par s’établir


Un Messaoud Ould Boulkheir qui se dit «hors de la COD» et qui joint le geste à la parole dès la première réunion de la Coordination de l’Opposition Démocratique ne daignant même pas que l’APP y soit représentée.

Un Ahmed Ould Daddah qui affirme qu’aucune «lueur d’espoir n’est visible au bout du tunnel avec la gestion unilatérale de Ould Abdel Aziz, sans concertation aucune avec personne, ni de la majorité, ni du gouvernement», qu’il n’existe pas de conditions favorables au dialogue entre l’opposition et le régime permettant de sortir le pays de la situation de crise dans laquelle il est plongé.
Mais un Ahmed Ould Daddah qui finit par ne pas exclure la possibilité de participation du RFD au dialogue, dans le cas où le gouvernement accède à ses conditions. Contradiction? Réalisme politique? Une chose est sûre: le Chef de file de l’opposition n’est, visiblement, pas content et le dit.

Un Mahfoudh Ould Bettah qui aura, malgré lui, désuni la COD dont il assure la présidence en exercice et au nom de laquelle il était convoqué, jeudi après midi, par le Premier Ministre dans le but de le tenir informé au sujet du dialogue national qui doit être organisé les tous prochains jours mais et surtout du report des élections municipales et législatives d’octobre prochain.
Le hic est que Me Bettah s’est refusé à être filmé avec le Premier Ministre et qu’une telle initiative n’a pas plu à nombre de leaders de la COD, favorables au dialogue avec le Pouvoir. Mais elle a été appréciée voire saluée et Me Bettah aurait justifié son geste par le fait qu’il craignait que les médias officiels ne fassent de ce film de l’audience un «usage tendancieux», la TVM ne se privant pas de se faire l’écho des réunions du Premier Ministre avec la classe politique.

Triste jeu de dupes et la réunion de la COD, tenue vendredi dernier après-midi pour élaborer une position commune par rapport au report des élections annoncé par les autorités, n’aura servi qu’à creuser davantage le fossé entre les uns et les autres en son sein.

Au fait, comme l'opposition qu'ils incarnent, les leaders de la COD ont du mal à marquer des points avec ce Pouvoir qui ne cesse de leur en faire voir de toutes les couleurs. L'opposition finira, chacun le sait bien, par aller au dialogue, puisque le Pouvoir a su trouver des figures emblématiques qui le contestaient, notamment Boidiel et Messaoud dont la participation à elle seule suffit à crédibiliser ce dialogue.

Sans oublier les autres formations politiques à coloration tels les Islamistes de Tewassoul, les AJD/MR et MRP, etc.

«Je pense que dans ce domaine, toutes les réserves que nourrissaient certains ont été balayées, notamment chez ceux qui cherchent et travaillent pour le dialogue», avait déclaré Boidiel Ould Houmeid au sortir de l'audience avec le Premier Ministre.

Une phrase qui résume bien une réalité: c'est à la classe politique de savoir ce qu'elle veut, de l'exprimer clairement et de chercher avec le Pouvoir, à trouver les voies et moyens d'y parvenir.
MOK